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mercredi 6 septembre 2017

EGLISE DE SAINT - HIPPOLYTE SUR LE DOUBS - LE SAINT SUAIRE

 Le mariage de la Vierge,
vitrail de la collégiale Notre-Dame

Lorsque le passant visite l’église de Saint-Hippolyte, petite ville Franc-Comtoise, au confluent du Doubs et du Dessoubre, clans un site très pittoresque, son attention est attirée, à l’entrée du chœur d’une chapelle, par une plaque de marbre noir sur laquelle figure une inscription ainsi conçue :  
« Le Saint Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ, envoyé en France à la IVème croisade et confié au Comte Humbert de la Roche Saint-Hippolyte par les Chanoines de Lirey en Champagne (acte du 6 juillet 1418) a été vénéré dans cette chapelle pendant trente-quatre ans avant d’être cédé au Duc Louis de Savoie et à son épouse Anne de Chypre par Marguerite de Charny, veuve du Comte Humbert (lettres de Chambéry1452) »
Ce Suaire est vénéré aujourd’hui dans la Chapelle royale de Turin.
Aussitôt, des souvenirs de catéchisme se mêlent aux nombreuses questions de catéchisme qu'appelle le présence de cette plaque.
Ce Suaire est-il le Linceul dans lequel fut enseveli le corps de Jésus. ?
Comment est-il parvenu dans cette petite ville de Franche-Comté ?
Pourquoi n’y est-il pas resté ?
I) Quelles connaissances a-t-on actuellement du Suaire à la suite du développement de la science ?
Il y a lieu de rappeler que ce Suaire a été, pendant la période où il fut conservé dans l'église de Saint-Hippolyte exposé chaque année au lieudit « le Clos Pascal», anciennement appelé « Pré du Seigneur », souvenir qui est perpétué par un monument érigé en 1989 par Monsieur le Curé Paul Frossard.
Nous essaierons de répondre aux questions qui se posent.
Qu’en est-il du Suaire ? Qu’en disent les Evangiles ?
La relique qui était conservée à Saint-Hippolyte et qui se trouve actuellement dans la Chapelle Royale de Turin, est constituée par un Linceul de 1 m 10 de largeur sur 4 m 36 de longueur. Il s’agit d'un sergé en chevrons de coton avec des traces de lin. Selon certain: calculs, la confection d’une telle étoffe nécessitait au moins 800 heures de travail.
L'existence de ce Suaire ou Linceul est attesté par tous les Evangélistes ;
-     « Ils prirent donc le corps de Jésus et l’enveloppèrent dans des Linceuls avec des aromates ». (Jean, ch 19)
« Simon Pierre qui le suivait, arriva à son tour, il voit les linges posés là aussi, le Suaire qui couvrait la tête de Jésus ». (Jean, ch.20, v.6)
« alors Joseph (d’Arimathie) ayant acheté un Linceul, détacha Jésus de la Croix, « Il (Joseph d'Arimathie ; alla trouver Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un Linceul et le déposs dans un Sépulcre ». (Luc, ch. 23, v. 52)
« Pierre se leva et courut au Sépulcre et s’étant penché »ll ne vit que des linges par terre». (Luc, ch.24 v. 12)
Joseph (d’Arimathie) prit le corps, l'enveloppa d’un linceul blanc et le déposa dans le sépulcre neuf personnel qu’il s’était fait tailler clans le roc ». (Matthieu, ch.27, v. 59-60)
Joseph d’Arimathie était, d’après les Evangiles, un disciple de Jésus et un homme riche. IL en résulte qu’ri avait h possibilité de l'ensevelir dans un linceul d’une valeur considérable sans rapport à ce qui aurait été fait pour un simple supplicié
II) Comment le Suaire est-il parvenu à Saint-Hippolyte ?
D’après les documents historiques, le Saint Suaire a d’abord été conservé à Edesse, ville de Mésopotamie, actuellement URFA ville de Turquie où il était connu sous le nom de « mandylion ».
L’empereur chrétien orthodoxe de Constantinople s’en empara en 944 et le transporta à Constantinople où il fut placé dans la chapelle de Pharos et exposé régulièrement.
Le 12 avril 1204, les croisée s’emparent de Contantinople .Le plus somptueux musée d’art du monde, est livré au pillage et vidé de ses trésors. Personne ne sait ce qu’est devenu le Linceul.
Après un long silence sur les itinéraires et les lieux de séjour du Linceul, il réapparaît en 1356 à Lirey en Champagne dans la collégiale fondée par Geoffroy 1er de Charny. Le Saint Suaire fut exposé de 1357 à 1418 dans cette collégiale.
A cette date, les Chanoines de Lirey craignant les bandes qui dévastaient la région, le confièrent avec des vases sacrés et d'autres reliques à Humbert, Comte de la Roche en Montagne (St Hippolyte) qui avait épousé Marguerite de Charny petite fille de Geoffroy 1er de Charny. Humbert avait promis de rendre ce dépôt dès que la paix serait faite.
Après sa mort (1438) Marguerite sa veuve, refusa de restituer la relique aux Chanoines de Lirey, d’où procès devant le parlement de Dole, alors chef-lieu du Comté de Bourgogne et devant l'officialité, juridiction ecclésiastique de Besançon.
C'est pendant cette période (1418-1452) que le Saint Suaire fut déposé en l'église de Saint-Hippolyte.

Chaque année, il était exposé au Clos Pascal. Le coffre dans lequel il se trouvait était placé dans la chapelle des Suessard actuellement Chapelle de Notre Dame de Pitié, ou sa mémoire est rappelés par la plaque nous avons parlé et diverses photographies. L'autel ne comportait pas alors les statues qui y figurent actuellement.
Après l’enlèvement du Saint Suaire, un panorama de Jérusalem avec l’image du Suaire fut peint sur le mur. Ces peintures ont été mutilées pendant la Révolution et sont actuellement cachées par le retable de l’autel de cette chapelle. Marguerite de Charny (décédée le 07/10/1460) fut condamnée à restituer le Saint Suaire aux Chanoines de Lirey, mais elle le céda à Louis de Savoie et à son épouse Anne de Chypre (de la famille des Lusignan) qui le placèrent à Chambéry.
En 1532, un incendie s’est produit dans la chapelle de Chambéry qui abritait le Saint Suaire, celui-ci subit des brûlures qui traversèrent de nombreux plis du Suaire, ce qui explique la présence de pièces de tissu cousues à l’endroit des parties brûlées.   
Les Ducs de Savoie ayant transféré leur capitale à Turin, le Suaire fut transporté en 1578 dans la Chapelle Royale.
En 1978, 4e centenaire du transfert à Turin, une exposition solennelle du Saint Suaire de Notre Seigneur Jésus Christ donnait une renommée mondiale à cette relique.
III) Quelles connaissances a-t-on actuellement du Suaire à la suite du développement de la Science ?
Jusqu’en 1898, on n’avait connaissance du Suaire que sous la forme d’une étoffe portant des traces brunâtres et roussâtres. Mais en 1898, un Italien, le Chevalier Fia, obtint du Pape l’autorisation de photographier le Saint Suaire.
Développant le négatif, il eut stupéfaction de voir le portrait parfaitement net de face et de dos d’un homme aux yeux clos. C’est depuis cette date que le Saint Suaire a suscité l’intérêt des scientifiques.
En 1902 déjà, Paul VIGNON procède à un examen détaillé des photographies du Suaire, examen qui permet d’établir d’une part, l’ancienneté du tissu, d’autre part le fait que l’empreinte du corps sur le Suaire donne l’image des supplices subit par le Christ, en particulier, couronne d'épines, flagellation, crucifixion par implantation de Sous, placés non dans les mains comme les crucifix ordinaires le montrent, mais dans les poignets seul emplacement permettant de supporter le poids du corps, côté transpercé (Evangiles de Saint Jean, ch. 19, v. 34).
Le Docteur Max FREI un criminologiste Suisse analysa les pollens contenus dans le Suaire ; il parvint à identifier des pollens de 6 espèces de végétaux spécifiquement palestiniens et un nombre important de pollens de plantes provenant de France et d'Italie, ce qui correspond à l’itinéraire suivi par le Suaire.
Une controverse s’est élevée au cours des dernières années selon laquelle le test du carbone 14, réalisé en 1988, établissait que le Suaire datait de 1260 à 1390 et qu'il ne pouvait donc être le Suaire du Christ ; mais une nouvelle thèse affirme que le rajeunissement du carbone 14 proviendrait de la libération des neutrons provenant du deutérium contenu dans la surface de la peau du supplicié. En conséquence, l’étude faite par le test du carbone 14 se révélerait inexacte et ne permettrait en aucune façon d'affirmer l’authenticité du Suaire

La définition d’image « non faite de mains d’homme » est celle que nous continuerons à donner.

Feuillet explicatif à disposition des pèlerins.










































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