Rechercher dans ce blog

samedi 31 décembre 2016

Sainte Marie Mère de Dieu



Nous nous interrogeons peut-être sur la signification du titre de Mère de Dieu reconnu à Marie. Notre ancien pape Benoît en avait donné un condensé magistral, à sa manière dans son audience du 2 janvier 2008. Parfois on entend des critiques sur son style professoral. Il était avant tout un enseignant. Que resterait-t-il si aucun enseignement ne nous était donné? Parler avec le souci d'instruire. Nous nous souvenons des recommandations de saint Paul à Timothée : 2 Tim 4, 1-8.

BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 2 janvier 2008

Marie, Mère de Dieu

Chers frères et sœurs,
Une très ancienne formule de bénédiction, rapportée dans le Livre des Nombres, dit:  "Que Yahvé te bénisse et te garde!  Que  Yahvé  fasse  pour toi rayonner son visage et te fasse grâce!" (Nb 6, 24-26). C'est avec ces mots que la liturgie nous a fait à nouveau entendre hier, premier jour de l'année, que je voudrais adresser mes voeux cordiaux à vous tous, ici présents, et à ceux qui, au cours de ces fêtes de Noël, m'ont fait parvenir des témoignages d'affectueuse proximité spirituelle.

vendredi 30 décembre 2016

Sainte Famille


Amoris Laetitia

65. L’incarnation du Verbe dans une famille humaine, à Nazareth, touche par sa nouveauté l’histoire du monde. Nous avons besoin de plonger dans le mystère de la naissance de Jésus, dans le oui de Marie à l’annonce de l’ange, lorsque la Parole a été conçue dans son sein ; également dans le oui de Joseph, qui a donné à Jésus son nom et a pris en charge Marie ; dans la fête des bergers près de la crèche ; dans l’adoration des Mages ; dans la fuite en Égypte à travers laquelle Jésus participe à la douleur de son peuple exilé, persécuté et humilié ; dans l’attente religieuse de Zacharie et dans la joie qui accompagne la naissance de Jean le Baptiste ; dans la promesse accomplie pour Siméon et Anne au temple ; dans l’admiration des docteurs écoutant la sagesse de Jésus adolescent. Et ensuite, pénétrer les trente longues années où Jésus gagnait son pain en travaillant de ses mains, en murmurant la prière et la tradition croyante de son peuple et en étant éduqué dans la foi de ses parents, jusqu’à la faire fructifier dans le mystère du Royaume. C’est cela le mystère de la Nativité et le secret de Nazareth, plein de parfum familial ! C’est le mystère, qui a tant fasciné François d’Assise, Thérèse de l’Enfant-Jésus et Charles de Foucauld, où se désaltèrent aussi les familles chrétiennes pour renouveler leur espérance et leur joie.

66. « L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde.  ‘‘Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social’’ (Paul VI, Discours prononcé à Nazareth, 5 janvier 1964) ».[58]

Prière à la Sainte Famille

Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.

Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière,
d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé
soit, bientôt, consolé et guéri.

Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille,
de sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph,
Écoutez, exaucez notre prière
Amen !

dimanche 25 décembre 2016

MESSAGE URBI ET ORBI DU PAPE FRANÇOIS

NOËL 2016

Balcon central de la Basilique vaticane
Dimanche, 25 décembre 2016

Chers frères et sœurs, joyeux Noël !

Aujourd’hui, l’Eglise revit l’étonnement de la Vierge Marie, de saint Joseph et des bergers de Bethléem contemplant l’Enfant qui est né et qui est couché dans une mangeoire : Jésus, le Sauveur.

En ce jour plein de lumière, résonne l’annonce prophétique :

« Un enfant nous est né,
un fils nous a été donné !
Sur son épaule est le signe du pouvoir ;
son nom est proclamé :
« Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort,
Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (Is 9, 5).

Noël dans le Pacifique

Un Joyeux Noël de l'abbé Yvan Sergy, prêtre Fidei Donum qui nous explique sa nouvelle crèche : 



St François d'Assise a inventé la crèche avec des personnes et animaux vivants. Plus tard, on a fait des petits modèles.
Cette année sur l’Île d'Ua Huka, on a réfléchi sur la crèche et sa signification. Les sculpteurs ont demandé une nouvelle idée pour une crèche qui soit  proche de la tradition locale.
J'ai réfléchi et prié et, je me suis concentré sur la signification du nom du village de Bethlehem. Cela veut dire la maison du pain en hébreux.
Alors, j'ai pensé au pilon avec un plateau légèrement creux, qu'on appelle "tumu akau me te hoaka". 
Il est utilisé pour faire du kakou, qui est fait d' "uru" (fruit de l'arbre a pain). 
On pilonne le fruit avec un peu d'eau et cela donne une pâte, que l'on sert avec du lait de coco. 
Le kakou est une nourriture traditionnelle de base ici aux Marquises.



J'ai propose de créer un grand pilon avec une grotte à la base, dans laquelle on met les personnages de la crèche et même Jésus qui est couché dans "l'assiette du bœuf", la mangeoire devenue crèche.
Voila, donc la crèche Marquisienne avec, aussi parmi les personnages, un coq, parce qu'ici on a plein de coqs dans la nature. 







A tous mes meilleures vœux depuis la place la plus lointaine de tous les continents du monde : les Îles Marquises en Polynésie Française.
Joyeux Noël et bonne Année et bonne santé en 2017




Messe de Minuit



Introduction

Bonsoir frères et sœurs, joyeux Noël à tous, merci d’être venus vous réjouir avec nous de la naissance de Jésus ce soir. Nous sommes joyeux aussi parce que les cloches sont revenues et nous annoncent la BONNE NOUVELLE. L’une d’entre elles la plus ancienne doit avoir presque 300 ans… si j’ai bien déchiffré une inscription. Mais le message des Anges remonte à plus de 2000 ans. La naissance de Jésus était déjà attendue par David à qui Dieu avait promis une descendance qui règnerait  toujours. Un Ange est même réapparu à Bethléem pour nous aider à nous réveiller…
Ce soir, comme depuis un certain nombre d’années, nous sommes accompagnés par la petite lumière de Bethléem, elle a fait un voyage par l’Autriche, Vienne, Linz, puis Zürich, Sarnen. Nicolas de Flüe, l’a saluée et nous l’envoie. Nous lui souhaitons aussi un bon anniversaire, à lui qui fête les 600 ans de sa naissance en 2017. Il aimait à méditer sur  Dieu qui se cache dans le petit enfant et la petite hostie.  Elle a passé aussi par Vicques, qui contemple les étoiles en permanence, parmi elles l’astéroïde du Vorbourg. Le village cette année a offert pour la joie de tous trois petits compagnons à l’âne de la crèche…
Nous prions aussi avons pèlerins de Suisse à Bethléem.

Réjouissons-nous donc avec le chœur des anges et demandons à l’enfant de la crèche de nous joindre à eux ce soir, puisque nous obtenons miséricorde.

samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël!


La naissance de Jésus



L'ancien pape Benoît dans son commentaire sur l'enfance du Christ fait un paralléle entre la crucifixion de Jésus hors de la ville et cet élément qui nous interpelle toujours : Jésus n'a pas trouvé de place dans la ville de Bethléem pour y naître.

L'enfance de Jésus pp  97-98

Or il advint, comme ils étaient là [à Bethléem], que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire, parce qu'ils manquaient de place dans la salle » (Lc 2, 6-7).

Commençons notre commentaire par les derniers mots de cette phrase : « ils manquaient de place dans la salle ». La méditation, dans la foi, de ces paroles a trouvé dans cette affirmation un parallélisme intérieur avec la parole, riche de contenu profond, du Prologue de saint Jean : « Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli » (Jn 1, 11). Pour le Sauveur du monde, pour Celui en vue duquel tout a été créé (cf. Col 1, 16), il n'y a pas de place. « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête » (Mt 8, 20). Celui qui a été crucifié hors de la porte de la ville (cf. Hé 13, 12) est né aussi hors de la porte de la ville.


Cela doit nous faire réfléchir, nous renvoyer au renversement de valeurs qu'il y a dans la figure de Jésus-Christ, dans son message. Depuis sa nais­sance il n'appartient pas à ce milieu qui, selon le monde, est important et puissant. Mais justement cet homme insignifiant et sans pouvoir se révèle comme le vraiment Puissant, comme celui, en fin de compte, dont tout dépend. Fait donc partie du devenir chrétien le fait de sortir de ce que tous pensent et veulent - des critères dominants -, pour entrer dans la Lumière de la Vérité sur notre être et rejoindre le juste chemin avec cette lumière.

Aujourd'hui, nous pouvons avoir une pensée pour tous les pèlerins retournés à Dieu durant l'année. Mon confrère est décédé voici 9 ans après la messe du matin.


vendredi 23 décembre 2016

Noël en Terre Sainte


Un petit groupe de pèlerins de Suisse est présent en Terre Sainte avec M. l'abbé Yves Prongué. A Bethléem ils participeront à la Messe de Noël, certainement au champ des Bergers. Il me signale qu'à Nazareth, il y a une nouveauté Suisse à la basilique de l'Annonciation : Notre-Dame des Ermites y est représentée.

Le retour des cloches


Elles sont là ces chères petites... La plus ancienne m'intrigue. Qui arrivera à déchiffrer ses inscriptions?
Malheureusement mon généreux photographe a juste manqué la date et le déchiffrement est problématique à cause des oiseaux de l'éclairage et de l'âge. Il sera nécessaire de remonter...
En attendant, entre ancien français et mauvaise lecture, ça donne quelque chose de ce type:

L AN 172(?) I A Y ESTE FAIT PAR LA GENEROSITATION (?) ET BONSOING DE M. LE RECTEUR DE M(?)ALOREILLE ET DE MESSIEURS DU MAIESTRAT DE DELEMONT POUR LA CHAPELLE DU VORBOURG.


Au bon coeur des déchiffreurs! Il semble qu'elle date d'avant la Révolution... peut-être.



mercredi 21 décembre 2016

O Oriens


Nous entrons aujourd’hui officiellement en hiver, le soleil va doucement recommencer de croître. Ce soleil c’est le Christ. Nos églises sont orientées vers l’Est, vers le soleil levant pour l’accueillir, accueillir la lumière du Christ qui vient à notre rencontre. Cette venue à Noël, va se réaliser dans ce petit enfant.
Nous avons entendu le cri d’Elisabeth et sa bénédiction : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. ». Jean-Baptiste en était à son sixième mois  avait annoncé l’ange Gabriel, et il reconnaît le Christ présent en Marie. Il reçoit une grâce venant de son cousin…  Avec seulement quelques connaissances mathématiques et biologiques basiques, nous remarquons qu’en bonne logique, Jésus, humainement, n’en était qu’à « quelques cellules » et que déjà il agit, la grâce passe. Jean reçoit de lui sa mission lors de cette rencontre. Jésus dans le sein de sa mère, prépare son messager à sa mission.
En apprenant la naissance de Jean, tous les gens se demandèrent ce qu’il adviendrait de cet enfant.
65 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.
66 Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. Lc
Pourquoi aller plus loin ? Remarquons aussi que ces gens conservaient ces événements dans leur cœur. Cela nous incite les imiter tout comme Marie notre premier modèle…
Reste la même question envers le Christ : Qu’adviendra-t-il de cet enfant ?
Fréquemment Jean Baptiste est représenté avec les ailes d'un ange, car il est un messager. Laissons-nous interpeller par un autre ange.

Un ange a été découvert à Bethléem a-t-on annoncé a début de l'année 2016. Cet ange est donc le 7ème. S’il ne s’agit pas du dernier selon le rang dans la série de mosaïques, nous pouvons tout de même nous arrêter à ce qui est dit du 7ème ange dans l'Apocalypse.
15 Le septième ange sonna de la trompette. Il y eut dans le ciel des voix fortes qui disaient : « Il est advenu sur le monde, le règne de notre Seigneur et de son Christ. C’est un règne pour les siècles des siècles. » ( Ap 11,15)

Il sonne de la trompette et annonce la victoire définitive du Christ, du soleil invaincu. Ce dernier ange est un messager de Bonne Nouvelle. Le chapitre 12 de même livre va ensuite présenter la fresque bien connue de la femme de l’apocalypse qui enfante. Nous pouvons nous permettre un rapprochement… Oui, avec l’enfant de Bethléem va advenir pour notre monde, ce fameux règne du Seigneur et de son Christ. Avec Marie et Elisabeth, continuons à préparer sa venue. 


mardi 20 décembre 2016

O Clef de David

Nous lisons les Evangiles de la préparation directe à Noël en cette dernière semaine de l’Avent. Et nous en sommes à la 4ème antienne O " O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d'Israël."

Cette clef se trouve mentionnée dans l’apocalypse à propos de l’Eglise de Philadelphie (3, 7-13) (cf ratzinger Théologie de st Bonaventure.) Il a l’autorité La clef de David se réfère à la connaissance des Ecritures. Le Christ vient donner l'intelligence de l'Ecriture à la multitude.

En la personne de Jésus se réalise  l'ensemble des promesses de salut liées à la venue du Messie. Il est fils de David, oui, mais il est aussi Serviteur souffrant, Fils de l'homme, et même et surtout Fils éternel de Dieu.
Cette destinée est sans comparaison. On comprend que Dieu ait voulu exprimer ce qu’il y a de plus profond en son Fils et sa mission, en lui donnant son nom.

Quel est notre nom à nous ? Lorsque les parents en donnent un à leur enfant, ne devraient-ils pas s’essayer à une sorte de prophétie envers leur enfant, bien que ce soit Dieu qui décide et que notre liberté demeure. Il paraît selon l’Apocalypse que le  nôtre ne nous sera pleinement révélé que là-haut. « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. »
Jésus est la clef de David, il nous ouvre les trésors de générosité et de bonté du Père, de sa miséricorde. On ne peut que s’émerveiller et se réjouir de cette naissance. La Liturgie va nous rendre encore une fois présent ce moment joyeux entre tous. Demandons à Marie, à saint Joseph et aux saints Anges de nous aider à bien le vivre.
Amen.

dimanche 18 décembre 2016

Le nom du petit


P. Marko Rupnik, s.j.


4ème Dimanche de l'Avent 
1ère lecture : « Voici que la vierge est enceinte » (Is 7, 10-16)
2ème lecture : Jésus-Christ, né de la descendance de David, et Fils de Dieu (Rm 1, 1-7)
Evangile : Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Frères et Sœurs,

Lorsqu'un enfant arrive une des grandes questions est celle du nom. S'agit-il d'un garçon ou d'une fille? La technique dans les pays "riches", permet de limiter le questionnement, mais certains parents préfèrent attendre le cadeau surprise. Quand vous avez choisi le nom de vos enfants, si vous avez eu le bonheur de vous appliquer à ce type de prophétie parentale, vous aurez peut-être interrogé la tradition, mais tout à coup aura surgi du milieu des étoiles, « le nom », parmi les stars, les chanteurs et vos héros favoris, ou même des hommes politiques que vous admirez, des rois et des reines, un délicieux prénom rétro ou bien toute une série où vous aurez intégré une généalogie parentale. Peut-être avez-vous même essayé de tester si l’officier d’Etat civil acceptait tout votre arbre de Jessé ?  Sur un site (français) donnant des conseils, j’ai lu que la loi ne fixait pas de restriction, mais qu’une liste trop longue risquait de poser quelques soucis administratifs ou informatiques. « De plus, n'oubliez pas qu'à chaque inscription ou renouvellement de carte d'identité, votre enfant devra les recopier) et  citation « sans s'emmêler les pinceaux. »
Voilà pour la bonne humeur.

Aujourd’hui nous est révélé par la bouche de l’ange, le nom de Jésus. Aimable questionnement : Pourquoi est-ce que dans saint Luc, c’est à Marie que l’ange dit : « Tu l’appelleras du nom de Jésus. » Et dans saint Matthieu, c’est Joseph à qui est révélé ce nom ? 
Le piquant est  que le texte un peu plus loin paraît vouloir citer manifestement le passage d’Isaïe entendu tout à l’heure. La Vierge enfantera un fils « On lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». »  Or, la traduction qui nous est donnée de ce texte de Matthieu nous disait : « elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel. » Ce n’était pas on, mais tu, pas lui, mais elle. Quelle option choisir ? Je vous laisse le bonheur de trancher en allant parcourir les notes des différentes versions de vos bibles. Mais nous pouvons toujours nous dire que c’est au moins une invitation pour les parents à se mettre d’accord.
Quant au fond, n’est-ce pas une invitation à la joie qui nous est donnée, à une très grande joie, Dieu avec nous, Dieu sauve. N’est-ce pas une nouvelle qui ne peut être qualifiée que d’extraordinaire ?
La nouvelle paraît tellement incroyable en elle-même que Dieu s’est caché en quelque sorte derrière l’image d’un prince, d’un roi de la terre.
Acaz était dans la pire des situations, assiégé par Samarie et Damas. Par cette prophétie, il est donné une espérance à la lignée de David, par un descendant : Ézéchias. Mais il va tant décevoir que le prophète se tournera vers un autre roi qui sera donné à Juda et à tout Israël. Ils étaient dans l’attente d’un sauveur… Pourtant jusqu’à aller imaginer que « Dieu avec nous » voudrait dire plus que Dieu nous est favorable et marche avec nous, l’auraient-ils pu ? C’est pourtant ce qui se passe, Dieu lui-même, en personne vient nous sauver. Le pas à  franchir sera encore plus grand pour tout le peuple. 
La grande Antienne ô pour ce 18 décembre est : « O Adonaï, guide du peuple d'Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver. »
Pensons que c’est Dieu, Adonaï, qui s’est révélé à Moïse dans le buisson ardent, le tout autre, le tout-puissant, celui dont on ne peut voir la face sans mourir, c’est lui qui vient en personne. Il vient honorer lui-même sa promesse dont il est seul à connaître tout le contenu. Il vient dans une lignée royale, mais il va se cacher, renoncer non seulement aux attributs de sa divinité, mais d’une royauté telle qu’on la concevrait de tout temps. Il ne vient pas en détenteur d’une autorité exécutive civile dirait-on aujourd’hui. Il ne vient pas  en autocrate, écrasant tout ce qui le contredit et s’oppose à lui. Il vient humblement non pas seulement sous les traits d’un petit enfant, mais comme un enfant, en enfant vrai et bien réel. Il s’est incarné dans le sein de Marie, il a attendu 9 mois dans son arche d’alliance. Il a été fragile comme tous les enfants qui ne sont pas encore nés. Marie a veillé sur lui, l’a attendu et entouré par son corps et de toute son âme.

Joseph prend Marie chez lui avec l’enfant qui va naître d’elle. Jésus a voulu naître dans une famille. Joseph va lui donner toute sa légitimité. Lui pauvre pécheur, lui l’homme juste aussi, accueille le Messie. Il est justifié par ce petit enfant qu’il fait entrer dans sa maison, dans la maison de David. Il accueille Marie son épouse, ainsi que l’ange le lui a demandé. Quelle foi en cet homme. Prends chez toi, Marie, ton épouse, dit l’ange dans la version de saint Matthieu… Vous aurez pris garde au fait que nous retrouvons cette sorte de dialogue mentionné au début de nos réflexions, si nous pensons à   la prière où sont mentionnés les saints dans la prière eucharistique. Permets qu’avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec saint Joseph son époux… Marie est la première, et d’une certaine manière aide Joseph à grandir aussi. Ton époux, son époux… Puis vient le cortège de tous les saints et de tous nos prénoms. Dieu a besoin de messagers d’anges pour porter de par le monde et autour de nous la Bonne Nouvelle… C’est pour cela que j’aime à les mentionner dans la prière. C’est une foule immense qui nous accompagne et nous tire vers le haut. Dieu veut avoir besoin de nous, il veut se faire faible et dépendant pour se manifester au monde. Nous avons de par notre baptême été mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu. C’est à Bethléem que nous allons nous mettre à l’école de Jésus et de la Sainte Famille, déjà les anges nous y invitent. Le pape pour ses 80 ans hier, mentionnait que durant l’Avent nous apprenons «l’histoire d’un Dieu qui a voulu marcher avec son peuple et se faire, à la fin, Un, Homme, avec chacun de nous». L’enfant de la crèche est Dieu avec nous. Préparons-nous à l’accueillir en ces derniers jours qui nous séparent de Noël. Même si à un moment nous réalisons que nous n’avons toujours rien compris, il n’y a rien à craindre de lui, il est Dieu avec nous, Emmanuel, Dieu qui sauve, Jésus. Amen.




samedi 17 décembre 2016

Ô Sapientia



Le début du chant des Antiennes "O" de l'Avent, marquait la rupture du jeûne au Moyen-Age et les festivités commençaient, avec des distributions aux plus pauvres, une oeuvre de miséricorde.

Dom Adrien Nocent Célébrer l'Année Liturgique

"Première antienne O , le 17 décembre :

O Sagesse, tu es issue de la bouche du Très Haut (a), déployant ta force d'un bout du monde à l'autre ; tu régis l'univers avec force et douceur à la fois (b) : Viens pour nous apprendre le chemin de la justice (c).

L'antienne s'adresse au Fils. On se rappelle le Prologue du IVe évangile : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ». Il est Parole sortie de la bouche du Père. Par ailleurs, on le voit créant l'univers. On l'appelle maintenant, et dans ce cri se révèle le double aspect de notre attente : nous avons besoin de sa venue pour qu'il nous apprenne le chemin de la justice ; nous avons besoin encore de sa venue pour parcourir cette route qui doit nous conduire à la fin des temps. Ce « viens » est, au fond, la seule prière valable de l'homme ; elle concentre en elle seule tout son besoin de Dieu. C'est le cri incessant de l'humanité depuis son rejet du Paradis. L'homme se rappelle qu'il a choisi le mal ; comment pourrait-il connaître maintenant le « chemin de la justice » ? Or, dans l'Ancien Testament, justice et jugement forment groupe. Il ne faudrait pas voir en ce mot « justice » un idéal abstrait, mais quelque chose de personnel et de concret : l'état d'innocence de l'homme fidèle à cet idéal impossible à nommer (1). Isaïe auquel est empruntée cette troisième partie de notre antienne, est peut-être celui des prophètes qui a le mieux vu le rôle du Messie par rapport à la justice. « La fonction essentielle du Messie davidique est, pour Isaïe, d'instaurer la justice (2). Il vient dans le royaume de David « pour l'affermir et le consolider dans le droit et dans la justice » (Is. 9, 5-6). Cette justice est conçue très matériellement encore, comme une justice sociale qui bannit les passe-droits, les scandales de la magistrature, etc. Mais cette notion s'enrichit. Car cette vision ne peut se réaliser que dans un climat d'innocence où chacun accomplit ce que le Seigneur demande. Or le monde ne peut arriver à ce stade de paix et de perfection sans l'intervention de Yahvé lui-même. Le Seigneur anéantira le pécheur (Is. 5, 3-15), mais à cet anéantissement succédera un monde nouveau ; Sion aura été lavée de la souillure, les taches de sang dans Jérusalem seront effacées (Is. 4, 3-5). Cette intervention divine qui est jugement, loin d'être seulement condamnation, est en réalité et fondamentalement une reconstruction. Nous nous retrouvons ici dans la ligne de la Parousie. Le Christ doit venir, et nous l'appelons pour qu'il nous mène dans ce chemin de la justice, c'est-à-dire jusqu'au renouveau total du monde au jour du jugement.

(1) J. Guillet, Thèmes bibliques, pp. 30 et suiv., Paris, Aubier, 1950.

(2) Ibid., pp. 57 et suiv."

mercredi 14 décembre 2016

Saint Jean de la Croix



Nous fêtons saint Jean de la Croix, fondateur du Carmel réformé et déchaussé avec sainte Thérèse d'Avila. Bonne fêtes à tous et à toutes. 
Il avait vécu ce que pouvait être l'attention de frères en religion qui l'avaient enfermé dans une cellule pendant neuf mois le fouettant chaque semaine. Il s'en était miraculeuse échappé. Il avait composé son Cantique Spirituel dans sa prison.

Etre en relation

Un prêtre narcissique qui ne pense qu'à se mettre en valeur, qui n'écoute pas les autres, dont le seul souci n'est que d'avoir des relations (un carnet d'adresse bien plein) et non pas d'être en relation, un véritable contre-sens.

"Pendant ce temps liturgique de l’Avent, qui fait fortement résonner l’invitation du Seigneur à la vigilance, nous sommes invités à être vigilant sur le risque réel d’être narcissiques, parce que sans cette vigilance aucun chemin de vocation n’est réellement possible."  Pape François

Pour son anniversaire d'ordination le pape François a parlé aux séminaristes des Pouilles. Voir sur Zénit

mardi 13 décembre 2016

SE CONVERTIR À L'INVISIBLE

Vivre sa foi

Méditations pour chaque jour de l'année sur des thèmes spirituels et théologiques

CARDINAL J. RATZINGER

12 Décembre : SE CONVERTIR À L'INVISIBLE


Jean-Baptiste et Marie sont les deux grands modèles d'une existence fidèle à l'esprit de l'Avent. C'est pourquoi ils dominent la liturgie de l'Avent. Voici Jean-Baptiste ! Par ses appels, par son comportement, il est le strict prédicateur de la conversion, de la «metanoia». Pour être chrétien, pour le demeurer, il faut toujours se convertir. Notre tendance naturelle c'est de vouloir nous affirmer nous-mêmes ; et, pour cela, nous nous comparons aux autres, afin de mieux nous mettre au centre. Celui qui veut trouver Dieu, doit toujours se tourner vers l'intérieur de lui-même. C'est le chemin inverse du précédent. Et cela seul permet d'aborder la vie en toute vérité. Ce que nous rencontrons dans la vie courante, c'est le monde de ce qui se voit. Il se présente à nous de manière si agressive, sur les affiches, à la radio, dans les moyens de transport et dans toutes les circonstances de la vie quotidienne, que nous sommes tentés de croire que rien n'existe en dehors de cela. Mais, en vérité, ce qui ne se voit pas a plus d'importance que ce qui se voit. Selon le mot admirable de Pascal, une seule âme a plus de valeur que tout l'univers visible. Mais pour accéder vitalement à pareille perspective, il faut se convertir, et tourner son attention vers ce qui est intérieur. Il faut dépasser l'illusion du visible. Il faut affiner nos capacités de perception pour pouvoir sentir, écouter et deviner ce qui dépasse l'apparence. L'invisible est plus important que tout ce qui nous assaille jour après jour, à grand fracas. Convertissez-vous ! Reprenez conscience que c'est la présence de Dieu dans le monde qui vous maintient dans l'être. Convertissez-vous ! Reprenez conscience du fait que Dieu se fait présent en vous et que, par vous, il se rend présent dans le monde. Jean lui-même n'a pas voulu échapper à ce difficile devoir de la conversion. Comme Jean-Baptiste «nous le connaissons et nous ne le connaissons pas ». N'est-ce pas la condition même des prêtres et de tout chrétien qui veut annoncer le Christ?

Sainte Lucie


Jacques de Voragine la légende dorée : Lucie vient de Lux, lumière. La lumière en effet est belle à voir, parce que, selon saint Ambroise, la lumière est naturellement gracieuse à la vue. Elle se répand sans se salir, quelque souillés que soient les lieux où elle se projette. Ses rayons suivent une ligne sans la moindre courbe, et elle traverse une étendue immense sans mettre aucune lenteur. Par où l’on voit que la bienheureuse vierge Lucie brille de l’éclat de la virginité, sans la plus petite souillure, elle répand la charité sans aucun mélange d'amour impur: elle va droit à Dieu sans le moindre détour; elle n'apporte aucune négligence à suivre dans toute son étendue la voie qui lui est tracée par l’opération divine. Lucie peut encore signifier Chemin de Lumière, Lucis, via.


 

 

A la Sainte Luce, le soleil fait un saut de puce...
Mon objectif avait hélas des taches d'eau, mais j'ai tout de même attrapé au saut du lit frère soleil. qui fera son saut de puce ce soir.

lundi 12 décembre 2016

Notre-Dame de Guadalupe : 12 décembre


Article approfondi sur le site de Notre-Dame des Anges.

Site de Saint José-Maria Escriva de Balaguer

Le récit le plus ancien des apparitions de la Très Sainte Vierge à l’indien Juan Diego, sur la colline du Tepeyac est le Nican Mopohua, en langue nahuatl, rédigé vers la moitié du 16ème siècle. L’auteur est un contemporain des faits et reproduit les termes du langage familier de l’époque, touchants et pleins de fraîcheur avec lesquels Notre Dame s’adresse au voyant. C’est le dialogue aimant et confiant d’un homme tout simple avec sa Mère.

dimanche 11 décembre 2016

Nul de pourra enlever notre joie : Gaudete in Domino


1 décembre 2016 - 3ème Dimanche de l'Avent, de Gaudete
1ère lecture : « Dieu vient lui-même et va vous sauver » (Is 35, 1-6a.10)
2ème lecture : « Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche » (Jc 5, 7-10)
Evangile : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

Frères et Sœurs,
Nous avons tous des saints de prédilection. Jean-Baptiste est un des miens, il a préparé les chemins du Seigneur, et rallumé l’espérance du peuple d’Israël. Sa lumière brillait si fort dans le désert, que beaucoup vinrent à lui. Il forma un bon nombre de disciples de Jésus pour les envoyer vers lui. Il y avait un lien spirituel tellement fort entre lui et le Seigneur qu’après la résurrection et la Pentecôte, lorsque Paul se rend à Éphèse, il rencontre avec Apollos des disciples de Jean-Baptiste et ils se mettent tout de suite à suivre Jésus : "Quel baptême avez-vous donc reçu" leur demande Paul "Le baptême de Jean", répondirent-ils. 4 Paul dit alors: "Jean a baptisé d'un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus." 5 A ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus; »  (Actes (BJ) 19)

vendredi 9 décembre 2016

Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin


Nous fêtons Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin et portons dans nos coeurs les intentions de l'Eglise au Mexique où 14 prêtres, un séminariste et un sacristain ont été assassinés dans ce pays depuis décembre 2012, sans parler des disparus. Il y a encore les immenses problèmes de la pauvreté et de l'exil aux USA pour trouver du travail. Les cartels de la drogue sont responsables de dégâts considérables.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Juan_Diego_Cuauhtlatoatzin
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiogra…/fiches/f0170.htm
http://www.lefigaro.fr/…/97001-20160926FILWWW00028-mexique-

jeudi 8 décembre 2016

Immaculée Conception



Homélie au sanctuaire pour l'Immaculée

Frères et Sœurs,

Nous pouvons nous demander : Pourquoi célébrer l’Immaculée Conception ? La réponse nous l’avons eue dans l’Evangile. Pourquoi l’Immaculée Conception ? Pour que Jésus soit parfaitement accueilli dans un oui qui est une note parfaite touchant une oreille parfaite, une oreille absolue… Ne dit-on pas que Mozart avait l’oreille absolue (et notre ami Christophe Chételat l’avait aussi).
Marie de Nazareth conçut le Seigneur par l’oreille, dit Ephrem le Syrien. Il est fils d’un pays en grande souffrance aujourd’hui. Il voulait dire que la Parole de Dieu allait entrer par l’oreille de Marie pour que le Fils de Dieu soit conçu. Aujourd’hui cela fait sourire  une génération moqueuse et parfois manipulatrice de la vie, mais ce n’est symboliquement pas si absurde. Cette image a une signification profonde. Dans cette région du monde, lorsque l’on saluait quelqu’un on lui disait Shlomo (Salomon = la paix) en s’approchant de son oreille, non pas de loin. En effet, le Christ Jésus est le Verbe de Dieu : le Christ est la parole de Dieu, une parole prononcée à l’oreille dit un commentateur. L'Annonciation, qui est le moment de l'Incarnation du Verbe de Dieu, est vraiment le moment où la Vierge Marie l’a reçu en l’écoutant.
Certains tableaux pieux montraient (aux alentours de la réforme), Jésus descendant du Père sous la forme d’un petit enfant portant la croix avec la colombe de l’Esprit pour entrer en Marie par son oreille. (J’en ai vu à Bâle au Kunstmuseum avec une excellente explication).
Dieu forme aujourd’hui en Marie une oreille parfaite pour être parfaitement entendu. Dieu crée le monde par sa parole et il veut être entendu. Ecoutez mes fils et mes filles les paroles d’un tendre père dit saint Benoît.
Le fait que Marie soit totalement transparente à la grâce et parfaitement à son écoute, provient d’une grâce venant déjà de son Fils, par anticipation. Comment ne pas être touchés par cette formule qui nous rend conscients du fait que les fruits du sacrifice de Jésus peuvent toucher les hommes de bonne volonté de tous les temps. On voit dans certaines icônes, le Christ allant saisir la main d’Adam et d’Eve pour les ramener à la lumière. Marie, Eve nouvelle et joie de ton Seigneur, notre joie ! Oh ! notre joie quand on nous a dit la grâce qui avait été la tienne pour nous tous. Par toi nous sont ouvertes les portes du jardin. Par toi nos oreilles vont être guéries et notre cœur redevenir le jardin et le paradis de Dieu.
Quelle fut la  joie d’Eve en apprenant cette grande nouvelle, elle verrait bientôt la lumière… et une de ses filles reine au plus haut des cieux. Nous avons le droit d’être joyeux aujourd’hui.
Vous connaissez mes faiblesses, j’apprécie saint Augustin. Il nous dit à propos de Marie : Celle qui a mérité de concevoir et d'enfanter l'innocence même, le Verbe incarné, pouvait-elle ne pas recevoir toutes les grâces par lesquelles elle serait victorieuse de tout péché quel qu'il fût. (De la nature et de la grâce 36, 4) Ce sont des prémices.
J’ai toujours aimé aussi nous remémorer en cette occasion le fait que le Concile de Bâle avait voulu reconnaître le privilège de l’Immaculée Conception en  1439,  et institué la fête du 8 décembre, mais suite à une autre problématique il n’avait pas été reconnu. On ne peut séparer Notre-Dame du pape, ni de l’Eucharistie. Elle a décidé d’attendre 400 ans et que cela se passerait à Rome. Au ciel on a le temps, le temps de Dieu. Et Notre-Dame prend parfois son temps, quoi qu’elle nous écoute toujours… Pardon, elle a raison !
Le Pape Pie IX a été important pour le Vorbourg… Sa cloche est au repos, suspendue entre ciel et terre… mais sa bénédiction demeure et ne peut que nous rappeler ce qu’il avait dit de manière définitive à son sujet :
La Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel.
Prévenant les interrogations, à Lourdes elle a essayé de donner une réponse à sa manière. Mais Bernadette a bien précisé que son message, elle n’avait pas été chargée de nous y faire croire, mais simplement de le porter… Annoncer l’Evangile, cela se fait aussi ainsi.
Et nous, et nous ? Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a choisis dès avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour !
Le pape François continue de faire passer le message. De même que Marie est « bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 42), nous aussi nous avons été depuis toujours « bénis », c’est-à-dire « aimés », et pour cela « choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés » (cf. Ep 1, 4). Marie a été préservée tandis que nous nous avons été sauvés grâce au baptême et à la foi. Mais tous, que ce soit elle ou nous, « par le Christ », « à la louange de sa grâce » (cf. v. 6), cette grâce dont l’Immaculée a été comblée en plénitude.
Marie nous invite à être des bénis, comme le rappelle le nom des fils de saint Benoît, le béni de Dieu et de porter cette bénédiction en connaissant notre indignité, heureux d’être pardonnés, relevés et aimés de Dieu.
Joie, sainteté et bénédiction… Immaculés nous ne pouvons l’être à la manière de Marie, mais le devenir avec son aide.
Le pape nous invite à être des porteurs d’espérance… , des petits. Nous avons à écrire les livres d’histoire du bonheur : « La vraie histoire n’est pas celle faite par les puissants, mais celle faite par Dieu avec ses petits. La véritable histoire, celle qui restera dans l’éternité, est celle que Dieu écrit avec ses petits : Dieu avec Marie, Dieu avec Jésus, Dieu avec Joseph, Dieu avec les petits. »
Ô Vierge immaculée, préservée du péché
En ton âme, en ton corps, tu entres dans les cieux
Emportée dans la gloire, sainte Reine des cieux
Tu nous appelleras un jour auprès de Dieu.


« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Amen.

mercredi 7 décembre 2016

Dieu n'est pas mégalomane, il aime les petites étoiles...


Ambroise de Milan

Qu’y a-t-il de plus petit et de plus grand qu’une étoile ? Minuscules, des points perdus dans le ciel, mais si grandes… Avec ces petits que nous avons fêté hier avec saint Nicolas, nous pouvons nous permettre un rapprochement… Ils sont petits par la taille mais grands parce que capables de Dieu et parce que le Christ se fait petit enfant. Mais qu’elle inversion, celui que le ciel ne pouvait contenir devient minuscule, mais il vient faire grandir notre humanité pour retrouver notre amitié avec Dieu et entrer dans sa gloire. Et que veut faire Dieu en nous ? Se reposer.
Dieu n’est pas un mégalomane obligé de compenser ses frustrations à coup d'antidépresseurs et qui veut imposer de force ses volontés en exploitant son prochain. Il aime, patiente, prends pitié comme une mère le fait pour ses enfants.
Nous fêtons saint Ambroise de Milan dont je vous ai déjà parlé beaucoup l’an passé.
Il a bien parlé de Notre-Dame, mais parlant d’étoile, vous me permettez un beau texte tiré de son commentaire sur la création, l’hexaméron : L’Hexameron il s’est inspiré de l’ouvrage de saint Basile qui porte le même nom :
Qu’ici s’achève notre discours car le sixième jour est accompli et la totalité de l’œuvre du monde a pris fin, je veux parler de l’homme dans sa perfection, en lui est le principe de tous les êtres animés et en quelque sorte la totalité de l’univers et toute la beauté de la créature de ce monde. Certes faisons silence car Dieu s’est reposé de toutes les œuvres de ce monde.
Il s’est reposé dans la retraite du cœur de l’homme, il s’est reposé dans son esprit, dans sa pensée…

Je rends grâces au Seigneur notre Dieu dont l’œuvre fut telle qu’il s’y reposa ! il fit le ciel et je ne lis pas qu’il s’y reposa. Il fit le soleil et la lune et les étoiles et là non plus, je ne lis pas qu’il s’y reposa, mais voici que je lis qu’il fit l’homme et alors, oui, il se reposa parce qu’il avait quelqu’un à qui il pût pardonner ! 


mardi 6 décembre 2016

Consolamini, consolamini... Consolez, consolez mon peuple et que du ciel tombe la rosée



Vous me pardonnez de ne pas commencer par le grand saint Nicolas…
Hier soir, en lisant le début de notre lecture livre d’Isaïe, consolez, consolez mon peuple, bien que modeste liturgiste, le rorate caeli m’est revenu au cœur… et sa quatrième strophe. Notre cœur de toute sa force demande pour tous ceux qui souffrent en particulier de la guerre : « Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le Juste. » Nous  demandons de toutes nos forces que cela cesse : pour les enfants, pour les mamans… pour les femmes et pour les familles. Que tous puissent espérer un jour fêter saint Nicolas qui aime les enfants.
J’ai aussi vu avec émotion, que dans un passage de son autobiographie, dom Guéranger le jour de son ordination était arrivé par hasard dans une petite chapelle au bord de la Loire où il y avait une représentation de saint Martin célébrant sa messe. Le Rorate lui est venu à l’esprit, je ne vous relis pas tout son commentaire mais simplement ceci : Je demandai à Dieu qu’il suscitât des hommes de zèle pour relever tant de ruines, pour décharger la sainte Église du joug de captivité qui pesait sur elle depuis qu’on l’avait privée des saintes institutions qui faisaient sa gloire et sa liberté. Arrivé à la quatrième strophe, Consolamini, consolamini, popule meus, cito veniet salus tua 5 , je restai muet. Rien dans mes prévisions n’annonçait le retour de la vie monastique, la restauration de tant de ruines. Je restai en face de la désolation, et rien ne me consola.
Sa consolation il l’a vue se réaliser plus tard… Puisqu’il a relevé l’Ordre de Saint Benoît en France. Je te sauverai, n’aie pas peur, moi, je suis le Seigneur Dieu, Le Saint d’Israël, ton Rédempteur. Nous devons toujours rester dans la confiance, il vient sauver son peuple, il vient nous sauver. Il vient le petit enfant, il vient nous retirer du saloir.
Saint Nicolas, oui nous l’aimons  tous que ce soit dans nos souvenirs d’enfance ou parce que nous aimons les plus petits… et  du père fouettard, nous avons tous des souvenirs divers… tout comme des chants et soirées qui nous réunissaient avant Noël ou en famille. Saint Nicolas est un avant-goût de Noël. Nous en voyons quelques-uns dans nos magasins, mais il faut bien constater que le symbolisme religieux disparaît. Je n’ai pas vu de saint Nicolas sur des biscômes, peut-être était-ce la mauvaise adresse. Toutefois il s'est échappé dans les rues... avec le cortège des enfants. On le chérit aussi pour l’œcuménisme. Nous lui demandons de nous conserver toujours une âme d’enfant ou de la retrouver lorsque nous nous prenons trop au sérieux. Il n’est pas pour rien leur saint patron. C’est le Seigneur qui fait de nous des saints, qu’il nous aide à conserver la bonne humeur. Saint Nicolas assista au premier concile œcuménique de l'Eglise à Nicée et vint trouver refuge à Barri…

Terminons par une prière à ce saint si cher aux chanoines du Grand-Saint-Bernard, de la Ville de Fribourg et à d’innombrables lieux d’Orient et d’Occident. « Sous ta houlette, comme un berger attentif et bon, Saint Nicolas, garde-nous de tous les ennemis, des fléaux, des tremblements de terre, de la grêle, de la famine, de l'inondation, du glaive, de l'invasion étrangère, de la guerre civile et de toutes nos adversités et afflictions. Tends-nous une main secourable et ouvre-nous les portes de la Miséricorde Divine » Amen.

samedi 3 décembre 2016

Alma Redemptoris Mater


Ce chant du XIe siècle est attribué à Herman de Reichenau ou Herman Contract.

« Alma Redemptoris Mater »  :

« Alma Redemptóris Mater, quae pérvia caéli pórta mánes, et stélla máris, succúrre cadénti súrgere qui cúrat pópulo. Tu quae genuísti, natúra miránte, túum sánctum Genitórem, Virgo prius ac postérius. Gabriélis ab óre súmens íllud Ave, peccatórum miserére. »

« Sainte Mère du Rédempteur » :

« Sainte Mère du Rédempteur, Porte du ciel toujours ouverte, Etoile de la mer, viens au secours du peuple qui tombe et qui cherche à se relever. Tu as enfanté, ô merveille ! Celui qui t'a créée, et tu demeures toujours Vierge. Accueille le salut de l'ange Gabriel et prends pitié de nous, pécheurs. »


Depuis le premier dimanche de l'Avent, nous chantons le chant de l'Alma Redemptoris Mater. Saint Jean-Paul II l'avait commenté dans son encyclique "Redemptoris Mater", particulièrement dans sa conclusion.




CONCLUSION

51. Chaque jour, à la fin de la Liturgie des Heures, l'Eglise fait monter vers Marie une invocation, celle-ci entre autres:
«Sainte Mère du Rédempteur,
porte du ciel, toujours ouverte, étoile de la mer,
viens au secours du peuple qui tombe et qui cherche à se relever.
Tu as enfanté, à l'émerveillement de la nature, celui qui t'a créée!».
«A l'émerveillement de la nature»! Ces paroles de l'antienne expriment l'émerveillement de la foi qui accompagne le mystère de la maternité divine de Marie. Il l'accompagne, en un sens, au cœur de toute la création et, directement, au cœur de tout le Peuple de Dieu, au cœur de l'Eglise. Quelle profondeur admirable Dieu n'a-t-il pas atteinte, Lui le Créateur et Seigneur de toutes choses, dans la révélation de lui-même à l'homme! 147 Avec quelle évidence il a comblé le vide de la «distance» infinie qui sépare le Créateur de la créature! S'il reste en lui-même ineffable et insondable, il est encore plus ineffable et insondable dans la réalité de l'Incarnation du Verbe, qui s'est fait homme en naissant de la Vierge de Nazareth.
S'il a voulu de toute éternité appeler l'homme à être participant de la nature divine (cf. 2 P 1, 4), on peut dire qu'il a prédisposé la «divinisation» de l'homme en fonction de sa situation historique, de sorte que, même après la faute, il est prêt à rétablir à grand prix le dessein éternel de son amour par l'«humanisation» de son Fils, qui lui est consubstantiel. Ce don ne peut pas ne pas remplir d'émerveillement la création entière, et plus directement l'homme, lui qui en est devenu participant dans l'Esprit Saint: «Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique» (Jn 3, 16).
Au centre de ce mystère, au plus vif de cet émerveillement de foi, il y a Marie. Sainte Mère du Rédempteur, elle a été la première à en faire l'expérience: «Tu as enfanté, à l'émerveillement de la nature, celui qui t'a créée»!

jeudi 1 décembre 2016

Bienheureux Charles de Foucauld


Nous fêtons aujourd'hui le retour au ciel 
du Bienheureux Frère Charles de Foucauld.




 Mon Père,
Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.


Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.


Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.


Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.


http://www.charlesdefoucauld.org/fr/biographie.php

Wikipedia : article très fouillé

L'eau qui tombe, l'eau qui monte et un certain esprit...



Faire allusion au réchauffement climatique, alors que nous sommes touchés par un premier gel un peu sérieux ce matin, il faut oser. Et bien osons… Le Seigneur dans l’Evangile nous dit que si nous ne faisons pas la volonté de son Père qui est aux cieux, si nous nous contentons de dire « Seigneur, Seigneur », notre maison s’écroulera lorsque viendront la tempête, les inondations et tous ces événements destructeurs,   lorsqu’arrivera le temps de l’épreuve.
J’ai lu tout à l’heure une  exhortation de saint Jean-Paul II aux évêques d’Océanie, ce qui m’a fait penser à un « vieil » ami, prêtre fidei donum, l’abbé Yvan Sergy. Il « officie » dans les îles aux îles Marquises en Polynésie Française (Ua Pou et Ua HUka) .



Dans ces régions le réchauffement climatique aura pour effet de faire disparaître certaines îles. Là, ce sera non  l’eau qui descendra, mais celle qui montera qui sera aussi dangereuse au final. Mon confrère a des montagnes suffisamment hautes pour être à l'abri.
Nous pouvons prier pour les prêtres fidei donum qui dans la discrétion accomplissent leur ministère au loin.

Notre Evangile est mentionné dans l’Exhortation de saint Jean-Paul II « Ecclesia in Oceania ». Il y a l’eau qui descend du ciel, des tempêtes à 300 à l’heure dans ces régions et l’eau qui monte… Mais aussi un esprit qui effectue un travail de sape, comme partout dans le monde.



« La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc » (Mt 7, 25). Par la puissance du Saint-Esprit, l'Église en Océanie se prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd'hui ont soif du Christ. « C'est maintenant le moment favorable ; c'est maintenant le jour du salut » (2 Co 6, 2).

Les défis de la modernité et de la post-modernité sont vécus par toutes les Églises locales en Océanie, mais avec une force particulière par celles qui se trouvent dans des sociétés plus puissamment affectées par la sécularisation, l'individualisme et le consumérisme. Beaucoup d'Évêques ont attribué les signes d'un affaiblissement de la foi catholique et de la pratique dans la vie de certaines personnes au fait que ces dernières acceptent comme critère de jugement et de comportement une perspective totalement sécularisée. À cet égard, le Pape Paul VI donnait déjà cet avertissement : « Il y a le danger de tout ramener à un humanisme terrestre, d'oublier la dimension morale et spirituelle de la vie, de ne plus se soucier de la relation nécessaire de l'homme au Créateur ».(63) L'Église doit répondre à sa mission d'évangéliser dans un monde de plus en plus sécularisé. Le sens de Dieu et de sa Providence aimante a diminué chez bien des gens et même dans des secteurs entiers de la société. L'indifférence pratique à l'égard des vérités et des valeurs religieuses voile le visage de l'amour divin. De ce fait, « parmi les priorités d'un effort renouvelé d'évangélisation, il faut qu'il y ait un retour au sens du sacré, à une conscience de la place centrale de Dieu dans toute l'existence humaine ».(64) »