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mercredi 13 juillet 2011

Saint Henri


L’Eglise fête aujourd’hui Saint Henri (Henri II), patron des oblats bénédictins et patron secondaire du diocèse de Bâle.
Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord. Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg que nous fêtons le 3 mars. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.
L'une de ses deux préoccupations majeures fut l'unité du Saint Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. L'autre fut de réformer les habitudes de la Papauté, avec l'aide du roi de France, Robert le Pieux, en un siècle qui vit quatorze papes sur vingt-huit, être élus sous la seule influence des reines et des femmes.
Dans le même temps, il renforça l'influence de l'Eglise sur la société, fonda l'évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, il soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny.
Privé d'héritier, il institua le Christ comme son légataire de ses biens. A sa mort, sainte Cunégonde se retira à l'abbaye de Kaffungen qu'elle avait fondée.
Mémoire de saint Henri, empereur des Romains (romain-germanique), il garda, rapporte-t-on, avec sa femme sainte Cunégonde, une continence totale, œuvra à la réforme de l’Église et à sa propagation, conduisit le futur saint Étienne, roi des Hongrois, à accueillir la foi du Christ avec presque tout son peuple, mourut à Grona et fut inhumé, selon son désir, à Bamberg en Franconie, l’an 1024.
Martyrologe romain
Nous devons abandonner les biens temporels et mettre au second plan les avantages terrestres pour nous efforcer d’atteindre les demeures célestes qui sont éternelles. Car la gloire présente est fugitive et vaine si, tandis qu’on la possède, on omet de penser à l’éternité céleste.
 Lettre de Saint Henri à l'évêque de Bamberg

Il est représenté sur la façade du « Münster » de la ville de Bâle avec son épouse Cunégonde (ici sur Wikipedia). Il Tous deux sont considérés comme des saints, en raison de leur piété et de leur vie conjugale. Saint Henri avait été guéri d’un calcul au Mont Cassin, par saint Benoît qui lui serait apparu selon la tradition. Cet épisode est rapporté ainsi par dom Chamard qui s’était intéressé aux reliques de Saint Benoît.
Saint Henri, souffrant cruellement de la pierre, gravit la montagne du Cassin dans la pensée d'y recourir à l'intercession de saint Benoît et de sainte Scholastique. Ayant fait sa prière devant le sépulcre vénéré, il se retira dans les appartements destinés aux hôtes et se mit au lit, épuisé de fatigues et de souffrances. Durant son sommeil, saint Benoît lui apparut et l'assura que Dieu, en qui il avait mis sa confiance, l'avait exaucé. En même temps, arrachant lui-même le calcul avec un instrument de fer, il le déposa dans la main du malade et disparut. Le prince se réveilla aussitôt, appela les évêques et les principaux seigneurs de sa cour, et leur montra, en rendant grâces à Dieu, le signe manifeste du prodige que saint Benoît venait d'opérer. Plein de reconnaissance, il combla l'abbaye de bienfaits, et fut dès lors pénétré d'une profonde dévotion envers saint Benoît et envers tous ceux qui faisaient profession de la vie monastique.
Saint Henri avait fait confectionner un antependium célèbre pour le Mont-Cassin, (d'autres disent Bamberg) en remerciement, semble-t-il. Selon certaines sources, il dut le vendre aux bourgeois de Bâle, manquant d’argent pour payer une rançon, dit-on. Cet antependium revint au moment du partage de Bâle ville et Bâle campagne, à ce dernier demi-canton qui le vendit à un colonel Victor Theubet, un jurassien, lequel le revendit à l’actuel musée de Cluny à Paris, dont il est une des belles pièces. Le musée des antiquités à Bâle en a conservé une copie.

Saint Benoît est représenté, en compagnie des archanges, Michel, Raphaël et Gabriel, le Christ étant au centre. Sur le bas, prosternés, nous y voyons les deux époux, à savoir l’empereur Henri et l’impératrice Cunégoonde.
Vous en trouvez une description sur ce blog.
Plusieurs traductions des inscription présentes sont possible.
Vers initial : QUIS SICUT HEL FORTIS MEDICUS SOTER BENEDICTUS
Chaque mot se rapporte à un personnage
«quis sicut hel» = Qui est comme Dieu = Michaël ;
«fortis» = l’homme de Dieu = Gabriel ;
«medicus» = Dieu guérit = Rafaël ;
«soter» = sauveur = Christ ;
«benedictus» = béni = Saint Benoît.
Significations purement théologiques :
« Qui, comme le Dieu fort, comme le Sauveur qui guérit, doit être béni. ».
« Qui est, comme Dieu, un médecin fort, un sauveur béni. ».
« Qui est, comme le Dieu fort, médecin et sauveur. ».
Second vers : PROSPICE TERRIGENAS CLEMENS MEDIATOR USIAS
« Sois bienveillant aux (créatures) terrestres, clément médiateur. ».
« Sois bienveillant aux (créatures) terrestres, clément médiateur de l’essence (divine). ».
Quel qu'en soit la traduction, cette inscription parait faire allusion à une guérison de l'empereur étant donné les fortes allusions aux Christ et à St Benoît. Le Christ apparaît assimilé aux anges ainsi qu’exalté dans son rôle de « guérisseur ».