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dimanche 17 décembre 2017

Dimanche Gaudete - Dimanche de la joie




17 DÉCEMBRE 2017
3ème Dimanche de l'Avent, de Gaudete — Année B

Lectures de la messe
Première lecture« Je tressaille de joie dans le Seigneur »Is 61, 1-2a.10-11
CantiqueMon âme exulte en mon Dieu.
 Lc 1, 46b-48, 49-50,...
Deuxième lecture« Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la ven...1 Th 5, 16-24
Évangile« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas »

« Je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Les paroles de Jean-Baptiste témoignent de la qualité de la flamme qui brûlait en lui ! Quelle humilité ! Le métier de cireurs de chaussures revient paraît-il à la mode… Le Seigneur vient faire plus encore, laver les pieds de ses disciples. Pierre s’en estimera indigne, nous nous souvenons de l’épisode du Jeudi Saint. Comme de celui de Simon le pharisien auquel Jésus avait reproché de ne pas lui avoir versé de l’eau sur les pieds… Il est humble celui qui vient à nous, pour servir et purifier. Quant à nous, notre joie ne peut qu’être grande, parce que Dieu vient libérer son Peuple, avec puissance, mais ce ne sera pas une puissance dévastatrice.
Beaucoup désirent la venue du Messie, et déjà ceux qui s’opposeront à lui sont inquiets. Les juifs dit l’Evangile,  envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour interroger Jean-Baptiste sur son identité et sa mission. Il appartenait pourtant par le sang, au groupe des prêtres. Le terme de « Juifs » chez saint Jean désigne ceux qui ne croiront pas en Jésus. Un bon nombre des fils d’Israël, croira en lui à cette époque.
Jean-Baptiste ne refusa pas de répondre à ceux qui le questionnaient et il affirme : « Je ne suis pas le Christ. ». Aux démons, Jésus donnera l’ordre de se taire, lorsqu’ils voudront dévoiler son identité. Jésus tout au long de son ministère ne répondra pas aux questions sur ce sujet. Caïphe lui demandera : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? » Pilate le questionnera sur sa royauté : « Es-tu le roi des Juifs? ».
Jean explique sa mission en citant le prophète Isaïe : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur. »
Que vient faire le Seigneur ? Il vient baptiser dans l’Esprit, il vient faire de tous les hommes, des enfants de Dieu, ses frères. Saint Paul nous explique que si nous le sommes, nous devons manifester une particularité. Laquelle ? « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. », c’est de la joie dont il s’agit. Isaïe nous dit que lui aussi tressaille de joie. L’Esprit de Dieu est sur lui. Un lien est patent entre l’Esprit et la joie souvenons-nous du Magnificat de Marie, et de la joie d’Elisabeth, aussi de la Pentecôte et de l’encyclique du pape François sur la nouvelle évangélisation : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus ». Cette joie quelle est sa nature ? Saint Thomas y consacre 4 questions : - la joie est-elle un effet de la charité - cette joie est-elle compatible avec la tristesse - peut-elle être plénière - est-elle une vertu ? Il nous dit qu’elle est selon lui, un des trois effets intérieurs de la charité. Avec la joie, nous avons également, la paix et la miséricorde. Quand est-elle totale ? La joie est plénière quand il ne reste plus rien à désirer. Dans la Patrie céleste, la possession du bien infini, c’est-à-dire Dieu, apaise tous les désirs : alors la joie des bienheureux est pleine et même débordante car le « cœur de l’homme ne peut soupçonner ce que Dieu réserve à ceux qu’il aime (1 Cor 2 9). Voilà donc la cause de notre joie, Dieu lui-même. « Réjouissez-vous dans le Seigneur, et il vous accordera ce que votre coeur lui demande, dit le psalmiste (Psal. XXXVI, 4). » Il nous l’accorde dans peu de temps puisque dans la personne de Jésus, Dieu vient visiter son Peuple.
La joie, est un élément central de l’expérience chrétienne, disait Benoît XVI. Au cours de certaines grandes célébrations rassemblant des fidèles venant d’horizons très divers, le Peuple de Dieu aujourd’hui, nous faisons l’expérience d’une joie intense, la joie de la communion, la joie d’être chrétiens, la joie de la foi partagée. Cela dure un temps seulement. Notre cœur cherche la joie profonde, parfaite et durable qui puisse donner du “goût” à l’existence.
En ce temps de l’Avent, Jésus, Celui qui vient est le but et la plénitude de notre joie, mais il commence par s’en faire maintenant le serviteur. Il est le serviteur de notre joie. Comment un enfant pourrait-il être le serviteur de notre joie ? Celle qui est la servante du Seigneur doit d’abord jouer non seulement son rôle, mais réaliser sa vocation. Elle remplit sa mission de Mère de Dieu.
Oui, Jésus est bien le serviteur de notre joie ! Il vient enlever nos chaussures crottées par le chemin, il vient laver nos pieds, les soigner… Panser les blessures, rendre la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds.
« Dites aux esprits abattus : prenez courage, ne craignez pas ; voici notre Dieu qui vient : il vient nous sauver. (Is 35, 4) »
L’éternité entre dans le temps, et curieusement elle vient y croître, elle grandit dans le sein de Marie, elle va grandir par le grain semé et jeté en terre, elle va grandir jusqu’à la plénitude des temps, jusqu’à la moisson, jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous.

L’Avent est le temps de la présence et de l’attente de l’éternité. C'est, de manière particulière, le temps de la joie, d'une joie intériorisée, qu'aucune souffrance ne peut effacer. Cette joie, présente en nous de manière invisible, nous encourage à aller de l'avant avec confiance. La Vierge Marie est le modèle et le soutien de cette joie intime, au moyen de laquelle nous a été donné l'Enfant Jésus. Puisse-t-elle nous obtenir, fidèle disciple de son Fils, la grâce de vivre ce temps liturgique vigilants et actifs dans l'attente. Amen!

dimanche 10 décembre 2017

L'ange du désert



LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« Préparez le chemin du Seigneur » (Is 40, 1-5.9-11)

PSAUME
(84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14)
R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
84, 8

DEUXIÈME LECTURE
« Ce que nous attendons, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 8-14)

ÉVANGILE
« Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)

« Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. »   
Dans les icônes byzantines depuis le 13ème siècle, Jean-Baptiste est fréquemment représenté sous la forme d’un ange, c’est-à-dire avec des ailes. Pourquoi cela ? Parce qu’en grec, le messager, c’est l’ange. Le fils d’Elisabeth s’est envolé au désert et il replie ses ailes sur les bords du Jourdain pour annoncer la Bonne Nouvelle et préparer les chemins du Seigneur. 
Que faisait-il au désert ? Il prêchait et il baptisait. Benoît XVI dans son Jésus de Nazareth relève qu’il apporte un élément radicalement nouveau par son baptême qui se distingue des ablutions religieuses, des bains de purification, en ce sens qu’il « ne peut être répété et doit être l'accomplissement concret d'une conversion qui redéfinit pour toujours la vie entière. Il est lié à un appel enflammé pour un nouveau mode de pensée et d'action, lié surtout à l'annonce du jugement de Dieu et à la venue d'un plus grand qui viendra après Jean. »
Celui qui vient va remodeler toute la relation à Dieu, et la religion par laquelle des liens sont créés entre l’homme et Dieu, nous sommes reliés au Seigneur.
Il y avait une telle attente d’un renouveau et d’une libération que « Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés» (Mc 1, 5).
Ils venaient reconnaître leurs péchés pour surmonter leur existence antérieure peccamineuse, de prendre un nouveau départ pour mener une autre vie.
Avec la descente dans les eaux du Jourdain et la remontée sur la rive, on trouve dans le baptême de Jean,  les germes du baptême chrétien. Il fallait encore que le Christ entre dans les eaux, les sanctifie, meure et ressuscite.
Pourquoi le Christ tant attendu, va-t-il venir ? Il vient pour consoler son Peuple qui n’en peut plus sous l’oppression. Aux yeux de celui-ci, c’est l’ennemi romain, l’oppresseur. Mais ce qu’il y a de plus fondamental, c’est le péché. Le Messie vient pour le libérer de cela avant tout. Nous avons entendu Isaïe : « Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. »  Dieu demande des consolateurs qui annoncent la Bonne Nouvelle, le plus grand est Jean. Mais l’identité de celui qui est la Bonne Nouvelle est encore plus importante. C’est une personne, celui qui est le bon pasteur qui vient faire paître son troupeau et les rassembler sur son cœur.  
De quoi avons-nous besoin d’être consolé aujourd’hui ? Avons-nous besoin de consolations ? Ce serait plutôt la première question à se poser. Nous en avons tant qui nous sont offertes, moyennant finances… En énumérant ce que le Seigneur dans Saint Luc désigne comme cause de malheur, nous trouvons quelques clefs :
Quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant on pourrait dire vous qui vous amusez à fond, qui vous défoncez, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. Lc 6,24
Des consolations, lorsque nous n’avons pas les moyens financiers de nous en permettre de grandes, nous pourrions nous poser la question : quelles consolations low coast nous offrons-nous en remplacement ? Je vous laisse le soin de les énumérer, souvent c’est là que ça fait le plus mal.
Seigneur jusques à quand t’attendre ? Pourquoi tardes-tu ? Pourquoi devoir tout supporter, jusqu’à essayer de se laisser consoler par de médiocres compensations ? Pierre nous explique et essaye de calmer notre impatience « Il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » Nous avons là l’indication de fond, et majeure le Seigneur ne veut pas que quelques-uns, se perdent, nous compris. Ce que nous avons traversé et n’est pas des plus agréable, ne serait-ce par pour nous conduire vers cette fameuse conversion ?
En nous remettant dans de justes perspectives, celles de la fin des temps où tout disparaîtra quelle devrait donc être notre réaction ?
« Vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu. »
Que faire ? En s’adressant à Marie, le Pape François disait dimanche après-midi « O Mère, aide nous à développer les « anticorps » contre certains virus de notre temps : l’indifférence qui dit : « Cela ne me concerne pas », la mauvaise éducation civique qui méprise le bien commun, la peur de celui qui est différent et de l’étranger, le conformisme travesti de la transgression, l’hypocrisie qui accuse les autres, tout en faisant les mêmes choses, la résignation à la dégradation environnementale et éthique, et l’exploitation de tant d’hommes et de femmes. Aide-nous à repousser tous ces virus avec les anticorps de l’Évangile. »

Quelle espérance devons-nous avoir devant Notre-Dame ! Elle est toujours jeune ! Bernanos nous dit pourquoi : "Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur. Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir sur soi ce regard qui n’est pas tout à fait celui de l’indulgence – car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère – mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain."! Qu’elle nous rajeunisse encore ce temps de l'Avent. Amen !  

vendredi 8 décembre 2017

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi »



Première lecture
« Je mettrai une hostilité entre ta descendance et la descendance de la femme » (Gn 3, 9-15.20)
Deuxième lecture
« Dieu nous a choisis, dans le Christ, avant la formation du monde » (Ep 1, 3-6.11-12)
Évangile
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 26-38)

Frères et Sœurs,

3 petits mots prononcés par l’ange Gabriel ont une très grande importance pour la fête nous célébrons : « Pleine de grâces » (Lc I, 28). Kecharitomene dans le texte grec.
Il a pour racine le mot « charis » qui est un mot rapporté à Dieu dans l’immense majorité des cas et signifie la grâce de Dieu, sa bienveillance gratuite qui se révèle et s’offre complètement dans le Christ; celui qui reçoit ce cadeau est constitué en état de grâce, il est plein de la complaisance divine.
Certains exégètes disent que la forme verbale utilisée, veut dire que Marie est effectivement transformée par la bienveillance de Dieu. Le choix du temps utilisé, le parfait souligne que la Vierge se trouve déjà sous l'influence de la grâce de Dieu et persévère dans cette condition.
Voilà déjà une moisson de renseignements.
Les Pères de l’Église, et ceux qu’on appelle écrivains ecclésiastiques ont médité profondément ces paroles que l'ange Gabriel adressa à la Vierge Marie. Ils en ont tiré bon nombre d’images et de comparaisons. Puisque des lys splendides ont été offerts à Marie pour sa fête aujourd’hui, on peut relever que c’en est une que Pie IX la mentionne dans le document où est reconnu cette prérogative de Marie. Il a pour titre « Dieu ineffable ».  La comparaison est tirée du Cantique des Cantiques « Comme le lys entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles. » Ct 2,2. Admirant leur beauté, et celles des plantes des champs, le Seigneur les prends en exemple pour montrer la confiance qu’il nous faut montrer en son Père céleste. « Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. » Il les a revêtus d’un tel vêtement qu’il est inégalable. Les artistes cherchent d’ailleurs à imiter les fleurs lorsqu’ils composent des vêtements et des tissus. Le lys parmi les épines se réfère au péché et à ses conséquences… La terre ne produira d’elle-même que ronces et épines après le péché des origines. Avec Marie un lys, symbole de pureté pousse parmi les épines qui ne parviennent pas à l’étouffer. L’image se dit aussi du Christ. « Le juste, fleurira comme le lys (Ose. IV, 6). » Dit Saint Bernard citant le prophète Osée. Il poursuit : Qui peut être juste sans être humble? Marie a posé une question pour être éclairée sur ce que Dieu voulait d’elle, en toute humilité, mais aussi pour bien discerner, tant cela paraissait incroyable. Quelle différence dans son oui avec la peine qu’on eut les Apôtres à reconnaître le Seigneur.
Il existe d’autres comparaisons pour dire ce qu’est Marie. Elles nous parlent peut-être plus que des réflexions très élaborées.
Elle est une terre absolument intacte, une terre vierge, dont aucune tache n'a même effleuré la surface, une terre toujours bénie, libre de toute contagion du péché, et dont a été formé le nouvel Adam.
Elle est un irréprochable, un éclatant, un délicieux paradis d'innocence et d'immortalité, planté par Dieu lui‑même, et inaccessible à tous les pièges du serpent venimeux.
Elle est un bois incorruptible que le péché, ce ver rongeur, n'a jamais atteint.
Elle est une fontaine toujours limpide et scellée par la vertu du Saint‑Esprit.
Pie IX en cite bien d’autres.
Comment Marie a-t-elle pu bénéficier de ces  prérogatives spirituelles ? Parce qu’elle est pleine de grâce. Je vous salue Marie pleine de grâce… Elle a été préservée dès sa Conception. La Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel. Le Pape a affirmé au nom de l’Église que cet enseignement est révélé de Dieu.
Cela nous permet d’attirer encore une fois notre attention sur le respect des enfants à naître. Une existence juridique avec un juge qui préserve vos droits absolus dont celui à la vie ne signifie pas qu’on n’existe pas avant ce moment-là. En naissant à six mois aujourd’hui on peut sauver un bon nombre, à huit encore plus et plus sûrement. Lorsque tu es capable de réveiller tout un étage oui, tu es un homme. Mais pas lorsque tu te taisais ? Tu étais de quelle religion à ce moment ? Comment Marie aurait-elle pu bénéficier du privilège de son Immaculée Conception si cette grâce ne concernait pas son âme créée. Les dons de Dieu sont destinés à bénéficier à tous ? Sans Marie, sans son oui, nous n’aurions pas eu le Christ.
Le lys n’aurait pu pousser parmi les épines sans la grâce. Pour reprendre le propos de l’exégète et dire que  Marie est effectivement transformée par la bienveillance de Dieu, s’il n’y a rien. Marie veut rassembler tous ses enfants sans distinction et les introduire dans le mystère de Dieu. Qui d’entre nous sait comment elle agit auprès de ceux que nous croyons être les plus éloignés ? Elle prie sans cesse pour nous, l’Immaculée et ne cesse de défendre son bien, ses enfants que le Père lui a donné en partage, les frères de Jésus qu’il va lui donner sur la Croix.
Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous.

jeudi 7 décembre 2017

Saint Ambroise de Milan


Ambroise de Milan, un don de Dieu à l'Eglise en Europe. Augustin n'osait pas le déranger dans sa méditation, mais l'Esprit agissait en lui à la prière du saint évêque et de Monique.

Oui, vraiment heureuse, Marie, de l'avoir emporté sur le prêtre Zacharie : celui-ci s'était dérobé à la foi, Marie, elle, a corrigé cette erreur. Comment, d'ailleurs, le Seigneur, voulant racheter le monde, n'aurait-Il pas inauguré son oeuvre par Marie, celle qui est la première à accueillir le Fils et son fruit de salut ?  Commentaire sur l'Evangile de Saint Luc (croire.com)

A propos de Marie, il faut aussi lire ses commentaires sur la Virginité



Ambroise vit cet agneau dans la basilique qui porte son nom à Milan

mardi 5 décembre 2017

Jessé père de David



5 décembre 2017 - mardi, 1ère Semaine de l'Avent —

    Première lecture « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » Is 11, 1-10
    Psaume En ces jours-là fleurira la justice,
    grande paix jusqu’à la fin des temps.
      71 (72), 1-2, 7-8, 1...
    Évangile « Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint »

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines… Nous sommes bien entrés dans le temps de l’Avent, temps d’attente et d’espérance.
Ce sont les petits qui loueront le Seigneur et l’accueilleront, eux les enfants des Hébreux. Nous pouvons faire un rapprochement avec l’accueil de Jésus lors du dimanche des rameaux. « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »
Mais quel est donc ce fameux rameau ? Jessé engendra David nous rapporte Matthieu dans sa généalogie. Il était son huitième fils, un chiffre symbolique qui ne nous échappe pas. Souvent Jessé est représenté sur sa couche, regardant ailleurs, dormant ou la main appuyée sur sa joue droite… C’est le signe des songes, dans les icônes pour saint Joseph notamment.
Que demander au Seigneur en ce temps de l’Avent ? La joie et la grâce de la contemplation du Mystère. La patience, certainement, et une charité toujours active, comme celle de Marie. Nos deux mystères préférés sont des mystères joyeux, l’Annonciation et la Visitation. Autre image aussi celle de l’icône de la Vierge du signe. Celui que l’univers entier ne pouvait contenir se fait petit enfant dans le sein de Marie.
Il est le plus petit, dans la parfaite obéissance à son Père. Il se prépare dans cette vie cachée à nous révéler et nous faire connaître le Père. « Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »   

Qu’il augmente encore notre joie et l’approfondisse en ce temps de l’avent, qu’il ouvre encore mieux nos yeux et nous donne d’entendre la Bonne Nouvelle qui nous est réservée et guérisse l’oreille de notre cœur.

dimanche 3 décembre 2017

Bonne et Sainte Année B. Qui est notre portier?



3 DÉCEMBRE 2017 - dimanche, 1ère Semaine de l'Avent — Année B

Première lecture« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! »Is 63, .
Deuxième lecture Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ1 Co 1, 3-9
Évangile« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison »Mc 13, 33-37


Frères et sœurs,
L’Avent est donc le temps préparatoire à Noël, à la venue du Christ en notre chair. Ceux qui sont focalisés sur les cadeaux, par exemple une voiture de tel modèle avec toute la panoplie des nouveaux gadgets qui la font freiner, accélérer ou parquer plus vite que la pensée, à moins que vous ne rêviez d’une machine à café à côté du chauffeur, ceux-là relisent avec attention leurs descriptifs techniques… Mais l’Avent c’est plus qu’un cadeau, la venue de Dieu parmi nous. L’Avent se prépare en se remémorant l’histoire de cette attente dans l’Écriture et en la rendant présente, en l’actualisant. L’état d’esprit manifesté par Isaïe ne peut qu’émouvoir : « Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom. Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? » Isaïe aspire à un véritable retour de la grâce et à une vie conforme à ce que le Seigneur demande, en communion avec lui. Que le peuple de Dieu soit à nouveau le Peuple de Dieu bénéficiaire des promesses et de l’héritage. Il exprime une véritable attente.



Ce n’est pas celle d’un souverain temporel. Cette image préparatoire est devenue dans l’attente du Messie est devenue une sorte de piège. Cette venue est différente. La venue du  Seigneur est plus importante que celle de l’empereur entrant triomphalement dans sa ville, distribuant des pièces d’or. On le voit  représenté à cheval, sur certaines monnaies romaines, avec la devise Felix Adventus… Joyeux avènement. Il fait bon se rappeler un peu d’histoire… pour mieux comprendre l’origine de nos célébrations. Le Seigneur nous invite à veiller dans l’attente de sa venue : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. »



Y aurait-il quelques craintes à nourrir ? Il demande plus spécifiquement au portier de veiller. Quittant une année liturgique pour entrer dans une autre, ce mot de portier peut nous faire penser à une ancienne divinité romaine à deux faces, Janus. La colline du Janicule a conservé son nom à Rome. De ce dieu à double visage, disait Ovide, partait l'année pour s'écouler. Il avait la fonction de portier du ciel païen et a donné son nom au mois de janvier. Saint Augustin s’en moque dans la Cité de Dieu. Dans nos Bibles en français, on rencontre peu ce terme de portier. Dans le livre des chroniques cette fonction est mentionnée à l’entrée de la Tente du rendez-vous et dans le Temple. Sur les portes du Temple de Jérusalem étaient représentés deux chérubins. Il y en avait aussi sur l’arche d’Alliance. Le Dieu invisible et qu’on ne pouvait représenter, siégeait au-dessus d’eux vous vous rappelez du début du psaume tout à l’heure : « Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! » Il fait allusion à cela.
Lorsque le Peuple avait très gravement péché, avant l’exil, l’Ecriture dit que la gloire de Dieu s’éleva au-dessus du temple. Ezéchiel décrit de manière imagée cet événement : « La gloire du Seigneur quitta le seuil du Temple et s’arrêta au-dessus des Kéroubim. Ceux-ci déployèrent leurs ailes; je les vis s’élever de terre, quand ils partirent. Ils s’arrêtèrent à l’entrée de la porte orientale du Temple, et la gloire du Dieu d’Israël était au-dessus d’eux. »
L’Avent c’est en quelque sorte le phénomène inverse, le retour de Dieu annoncé… Il demande qu’on lui ouvre la porte et qu’il soit accueilli. Vous vous souvenez que lors de l’Année Sainte, on avait ouvert la porte de la Miséricorde. A Jérusalem, il y a une porte qui est toujours murée et devrait être ouverte le jour du retour du Messie selon la tradition. Le symbolisme nous intéresse plus que l’archéologie. C’est la porte dorée, ou la belle porte. Elle est appelée aussi la porte de la Miséricorde.



L’Avent nous permet de nous remémorer la manière dont le Sauveur a été attendu non seulement par le Peuple de Dieu, mais aussi depuis les origines. L’humanité entière aspirait à être libérée et délivrée de ce mur spirituel qui la sépare de Dieu et ferme la porte. Seul le Seigneur pourra faire tomber ce mur. Il a reproché aux pharisiens de le renforcer. A nous il nous demande de prier et de veiller en ne les imitant pas.
Veiller, qu’est-ce que c’est ? Il nous faut dépasser la seule idée de privation de sommeil… Benoît XVI explique qu’il ne s'agit pas de sortir du présent, de faire des spéculations sur l'avenir, d'oublier le devoir du moment présent; bien au contraire, veiller et être vigilant signifie faire ici et maintenant la chose juste, comme si elle devait être accomplie sous les yeux de Dieu.
Qui est donc notre portier ? Dans l’Église c’est l’évêque qui est le portier principal de son diocèse. C’est Pierre qui a reçu les clefs du royaume et qui est donc chargé d’ouvrir et de fermer. Ils ont la fonction de veiller et de nous faire veiller pour que nous vivions dans la foi, l’espérance et la charité. Ils doivent nous préparer à la venue du Messie.
L'Église nous fait prendre conscience d'un aspect très réel et toujours actuel de notre existence chrétienne. Le sens de l'Avent dans l'année liturgique, c'est de raviver en nous cette conscience, c'est de nous obliger à regarder en face ces réalités, à reconnaître non pas seulement combien le monde a été privé autrefois de salut ou l'est encore aujourd'hui dans certaines régions, mais combien cet état de choses est encore une réalité pour nous-mêmes et au sein de l'Église. Il faut s’émouvoir de ce qui se passe ailleurs, devant la misère on ne peut qu’être solidaire, mais notre premier devoir est de veiller sur notre vie dans et avec le Christ.

N’oublions surtout pas que le temps de l’Avent se doit d’être une attente joyeuse, bien qu’il faille préparer les chemins du Seigneur avec attention et sérieux. Nous pouvons méditer plus particulièrement les mystères de l’Annonciation et de la Visitation. Marie va nous rappeler bien vite sa présence importante pour tous avec la célébration de l’Immaculée Vendredi. Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Amen.

dimanche 26 novembre 2017

Le Christ Roi de l'Univers

Saint-Ursanne

Lectures de la messe
Première lecture« Toi, mon troupeau, voici que je vais juger entre brebis et brebis »Ez 34, 11-12.15-17
PsaumeLe Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.Ps 22 (23), 1-2ab, 2...
Deuxième lecture« Il remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, et ainsi, Dieu sera tou...1 Co 15, 20-26.28
Évangile« Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns de...


Frères et Sœurs,

Nous aurons compris que les lectures d'aujourd'hui insistent cette année sur la figure du roi berger dont David est la figure. Il annonce le Christ comme roi et berger de son peuple. Nous célébrons en ce dimanche son retour en gloire à la fin des temps. Jésus en parlant à ses disciples explique qu’il  présidera au grand jugement de l’amour. Saint Matthieu nous présente cette scène à la manière d’une image pastorale : « il séparera les hommes les  uns  des  autres,  comme le  berger  sépare  les  brebis  des  chèvres  :  il  placera  les  brebis  à  sa droite, et les chèvres à sa gauche » (Mt 25, 32-33)
Oui! Il viendra pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Les représentations ne manquent pas sur ce moment unique. Elles sont présente sur le tympan de bon nombre d’églises et de cathédrales du Moyen-Age. Nous avons à l’esprit la grande fresque de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. Le pape Paul III, commanditaire, se devait d’être représenté sous les traits de saint Pierre. On raconte que le grand artiste pouvait être cruel. Le maître des cérémonies pontificales qui avait osé critiquer son travail vit attribuer ses traits à Minos juge aux enfers dans la mythologie. Ce spécialiste de la liturgie supplia paraît-il le pape de faire effacer son visage, mais Paul III lui répondit qu'il avait « autorité au ciel et sur terre, mais pas aux enfers ! »
Dante y avait mis toutefois le fameux pape Célestin V qui avait remis sa charge… alors qu’il est considéré aujourd’hui comme un saint. Il y en a quelques autres, mais heureusement le jugement des artistes n’est pas absolu.
Ceci dit sous forme aimable, cette rencontre proclamée chaque dimanche surviendra un jour, bien que tous, nous souhaitions que la bonté de Dieu, dont nous devrions être une des multiples expressions, puisse être indéfiniment prolongée… Mais le Verbe s’est fait chair, il a pris sur lui notre humanité, ses limites et ses limitations dans le temps et l’espace, selon le mystérieux dessein de Dieu. Le Père seul connaît l’heure et le jour de l’avènement ultime de son Fils. Par son Fils Jésus-Christ, dit le catéchisme, il prononcera sa parole définitive sur toute l’histoire.
Le pape François adoucit cette image pourtant véridique et il rappelle que le Seigneur est d’abord notre frère : « Le Christ, descendant du roi David, est  le “frère” autour duquel se constitue le peuple, qui prend soin de son peuple, de nous tous, au prix de sa vie. En lui nous sommes un ; un seul peuple uni à lui, nous partageons un seul chemin, un seul destin. C’est seulement en lui, en lui comme centre, que nous avons notre identité comme peuple. »
C’est dire aussi combien nous sommes précieux à ses yeux et à ceux de son Père, car lui, Jésus a donné sa vie pour nous.  Il «  est le centre de l’histoire de l’humanité, et aussi le centre de l’histoire de tout homme. »
Mais à quoi donc se référera la parole que Jésus aura pour chacun de nous en ce fameux jour. A l’amour, bien entendu, à l’amour que nous aurons manifesté en pensée, en parole et en action envers chacun de nos frères. C’est le sens de l’Evangile que nous avons entendu tout à l’heure. Pour que le règne de Dieu s’établisse, n’est-ce pas par l’amour du Christ transmis et vécu que cela se produit? Le fameux document de Vatican II Gaudium et Spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps, promulgué à l’occasion de cette fête expliquait que le but de l’Église est unique : « que vienne le règne de Dieu et que s’établisse le salut du genre humain. » Le Christ est venu pour que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne se perde. L’amour de Dieu s’est incarné totalement en la personne de Jésus et cette incarnation se poursuit en chacun de nous. Croiser le regard du Christ et entendre sa parole, c’est quelque chose de plus grand et de plus important, et de plus joyeux et de plus heureux que de réussir n’importe quels examens. Réjouissez-vous de ce que vos noms soient inscrits dans les cieux et dans le cœur de Dieu.

La Vierge Marie, la plus humble de toutes les créatures, est la plus grande à ses yeux parce qu’elle a mis la parole en pratique, elle lui a fait porter son fruit, C’est pour cela qu'elle siège en Reine à la droite du Christ Roi. Nous voulons nous confier une fois encore à elle avec une confiance filiale, pour pouvoir réaliser notre mission chrétienne dans le monde. Amen.