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mercredi 22 février 2017

Fête de la chaire de Saint Pierre

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 22 février 2006

La Chaire de Pierre, don du Christ à son Eglise

Chers frères et soeurs!

La liturgie latine célèbre aujourd'hui la fête de la Chaire de Saint-Pierre. Il s'agit d'une tradition très ancienne, attestée à Rome dès le IV siècle, par laquelle on rend grâce à Dieu pour la mission confiée à l'Apôtre Pierre et à ses successeurs. La "chaire", en latin "cathedra", est littéralement le siège fixe de l'Evêque, placé dans l'église mère d'un diocèse, qui pour cette raison est appelée "cathédrale", et elle est le symbole de l'autorité de l'Evêque et, en particulier, de son "magistère", c'est-à-dire de l'enseignement évangélique que, en tant que Successeur des Apôtres, il est appelé à garder et à transmettre à la communauté chrétienne. Lorsque l'Evêque prend possession de l'Eglise particulière qui lui a été confiée, il s'assoit sur la chaire en portant la mitre et en tenant la crosse. De ce siège, il guidera, en tant que maître et pasteur, le chemin des fidèles dans la foi, dans l'espérance et dans la charité.

dimanche 19 février 2017

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait


19 FÉVRIER 2017
7ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A
Lectures de la messe
Première lecture« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »Lv 19, 1-2.17-18
PsaumeLe Seigneur est tendresse et pitié.Ps 102 (103), 1-2, 3...
Deuxième lecture« Tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à...1 Co 3, 16-23
Évangile« Aimez vos ennemis »Mt 5, 38-48


Frères et Sœurs,

Nous avançons dans notre lecture du Sermon  sur la Montagne. La semaine passée, avant la lecture de la lettre de notre évêque, nous avons entendu la première partie du corps du texte. Le Seigneur en préambule disait qu’il n’était pas venu abolir, mais accomplir ce que contiennent la Loi et les Prophètes.
Mais quel programme ! Vous me le concéderez !

jeudi 16 février 2017

Soleil Levant





HYMNE : SOLEIL LEVANT
D. Rimaud — CNPL

Soleil levant
Sur ceux qui gisent dans la mort,
Tu es venu 
pour que voient ceux qui ne voient pas,
Et tu guéris l’aveugle-né.
Ô viens, Seigneur Jésus !
Lumière sur le monde ;
Que nous chantions pour ton retour :

Béni soit au nom du Seigneur 
Celui qui vient sauver son peuple ! 



mercredi 15 février 2017

Jésus guérit un aveugle


Jésus a eu de la compassion pour cet aveugle. Dans l’Évangile de saint Jean, il est dit qu’il forma de la boue avec sa salive et l’appliqua sur les yeux de cet homme. Au commencement Dieu créa l’homme à partir du limon, de la boue et lui insuffla la vie. On trouve aussi cette comparaison dans certains apocryphes contant l’enfance du Christ. L’enfant Jésus s’amuse à former des oiseaux avec de la boue, il fait des pâtés et leur insuffle la vie, les oiseaux s’envolent.
Jésus aujourd’hui rend la vue à cet homme. D’une certaine manière, il fait référence au geste du créateur dans l’Ecriture. Son geste ne peut que parler à ceux qui entendaient ce récit. Cet homme est dans l’obscurité et il est d’une certaine manière touché par une obscurité plus grande encore. Je ne sais pas si vous avez déjà vu des gens qui passent par des bains de boue involontaires et même forcés, ce n’est pas la gloire. Dans les obscurités de nos vies, nous sommes parfois approchés par le Seigneur, avec quelque chose de plus obscur encore et il nous invite à la confiance totale en lui pour nous donner définitivement la lumière.

   Le texte est riche… et nous pouvons aussi relever la recommandation de Jésus à cet homme sur le témoignage. « Ne rentre même pas dans le village. » Nous le savons il n’a pas pu s’empêcher de parler. Ce qui lui manque encore, c’est l’Esprit-Saint pour que son témoignage porte du fruit. Dans quelle mesure son témoignage à ce moment-là a-t-il été une forme d’obstacle au ministère de Jésus. Il ne vient pas pour du merveilleux et des miracles, même si nous en demandons tous quand ça mal, mais pour entrer avec nous dans l’ordinaire de nos existences pour les transformer, y compris quand tout va mal, et il peut aussi le faire avec sa croix. Ayons confiance en lui, car il est là.

mardi 14 février 2017

Saints Cyrille et Méthode


Saints Cyrille et Méthode co-patrons de l’Europe
Lettre apostolique « Egregiae Virtutis » (*)

Trad. La DOC n°1801 1er février 1981

1. En cette année où sont célébrés deux centenaires particulièrement significatifs, les pensées et les coeurs se tournent vers les figures des saints Cyrille et Méthode. Il y a en effet cent ans était publiée la lettre encyclique Grande munus (30 septembre 1880) par laquelle le grand pontife Léon XIII rappelait à toute l’Église la figure et l’activité apostolique de ces deux saints et, en même temps, en introduisait la célébration liturgique dans le calendrier de l’Église catholique (l). Cette année voyait aussi le XIe centenaire de la lettre Industriae tuae (2), envoyée par mon prédécesseur Jean VIII au prince Svatopluk en juin 880, lettre par laquelle est loué et recommandé l’usage de la langue slave dans la liturgie, afin que « dans la même langue soient proclamées les louanges et les oeuvres de Notre-Seigneur Jésus-Christ (3). »

La vie de saint Cyrille et de saint Méthode

Les frères Cyrille et Méthode, Grecs natifs de Thessalonique, la ville où a vécu et travaillé saint Paul, entrèrent, dès le début de leur vocation, en étroit rapport avec l’Église patriarcale de Constantinople, alors en pleine floraison culturelle et fertile en initiatives missionnaires, et c’est dans son université qu’ils se formèrent (4). Tous deux avaient choisi l’état religieux unissant les devoirs de la vie religieuse avec le service missionnaire dont ils donnèrent un premier témoignage en se rendant chez les Khazars de Crimée. Leur oeuvre évangélisatrice éminente fut toutefois la mission en Grande Moravie parmi les peuples qui habitaient alors la péninsule balkanique et les terres parcourues par le Danube. Elle fut entreprise à la demande du prince de Moravie, Roscislaw, demande présentée à l’empereur et à l’Église de Constantinople. Pour répondre aux nécessités de leur service apostolique parmi les peuples slaves, ils traduisirent dans leur langue les livres sacrés, en vue de la liturgie et de la catéchèse, jetant ainsi les bases de toute la littérature que ces mêmes peuples devaient développer dans leur langue. C’est justement pour cela qu’ils sont considérés non seulement comme les apôtres des Slaves, mais aussi comme les pères de la culture de tous ces peuples et de toutes ces nations, pour qui les premiers écrits dans la langue slave ne cessent d’être, pour l’histoire de leur littérature, le point fondamental de référence. Ils accomplirent leur service missionnaire en union tant avec l’Église de Constantinople par laquelle ils avaient été envoyés qu’avec le Siège romain de Pierre dont ils reçurent appui et soutien, manifestant ainsi l’unité de l’Église qui, à l’époque où ils vécurent et où ils déployèrent leur activité, n’était pas frappée du malheur de la division entre l’Orient et l’Occident, malgré les graves tensions qui, en ce temps, marquèrent les relations entre Rome et Constantinople. À Rome, Cyrille et Méthode furent accueillis par le Pape et trouvèrent dans l’Église romaine une approbation et un appui pour toute leur oeuvre apostolique, y compris pour leur innovation hardie à célébrer la liturgie dans la langue slave, innovation combattue dans certains milieux occidentaux. À Rome, le 14 février 869, Cyrille finit sa vie et fut enseveli dans l’église de Saint-Clément, tandis que Méthode fut ordonné par le Pape archevêque de l’antique siège de Sirmium et fut envoyé en Moravie continuer son oeuvre apostolique providentielle, poursuivie avec zèle et courage, avec l’aide de ses disciples au milieu de son peuple jusqu’au terme de sa vie (6 avril 885).

Co-patrons de l’Europe

2. Il y a cent ans, le Pape Léon XIII, avec l’encyclique Grande munus, rappelait à toute l’Église les extraordinaires mérites des saints Cyrille et Méthode pour leur oeuvre d’évangélisation des Slaves. Cependant, étant donné que ce centième anniversaire advient en cette année, durant laquelle l’Église commémore solennellement le 1500e anniversaire de la naissance de saint Benoît, proclamé en 1964 par mon prédécesseur vénéré, Paul VI, patron de l’Europe, il est apparu que cette protection vis-à-vis de toute l’Europe serait mieux mise en relief si, à la grande oeuvre du saint patriarche d’Occident, nous ajoutions les mérites particuliers des deux saints frères Cyrille et Méthode. De multiples raisons de nature historique, tant du passé que d’aujourd’hui, qui ont leur répondant soit théologique, soit ecclésial, soit même culturel, dans l’histoire de notre continent européen, y incitent. C’est pourquoi, avant même que ne se conclue cette année dédiée au souvenir particulier de saint Benoît, je désire qu’à l’occasion du centenaire de l’encyclique léonienne, toutes ces raisons soient mises en valeur par la présente proclamation des saints Cyrille et Méthode comme co-patrons de l’Europe.

Traits d’union entre l’Orient et l’Occident

3. L’Europe, en effet, dans son ensemble géographique, est, pour ainsi dire, le fruit de l’union de deux courants de traditions chrétiennes auxquelles s’ajoutent aussi deux formes de culture diverses, mais en même temps profondément complémentaires. Saint Benoît, dont l’influence a embrassé non seulement l’Europe, surtout occidentale et centrale, est arrivé aussi, à cause des centres bénédictins, dans les autres continents et il se trouve au centre même de ce courant qui part de Rome, du siège des successeurs de saint Pierre. Les saints frères de Thessalonique mettent en relief d’abord la contribution de l’antique culture grecque et, ensuite, l’étendue du rayonnement de l’Église de Constantinople et de la tradition orientale qui est si profondément inscrite dans la spiritualité et dans la culture de tant de peuples et de nations de la partie orientale du continent européen. Puisque aujourd’hui, depuis le IIe Concile du Vatican, après des siècles de division de l’Église entre Orient et Occident, entre Rome et Constantinople, des pas décisifs ont été faits dans la direction de la pleine communion, il semble que la proclamation des saints Cyrille et Méthode comme co-patrons de l’Europe, à côté de saint Benoît, correspond pleinement aux signes de notre temps. Et plus encore, si cela advient dans l’année durant laquelle les deux Églises, catholique et orthodoxe, sont entrées dans l’étape d’un dialogue décisif qui a commencé dans l’île-de Patmos, liée à la tradition de saint Jean apôtre et évangéliste. En conséquence, par cet acte j’entends aussi rendre mémorable une telle date. Cette proclamation veut en même temps être un témoignage pour les hommes de notre temps de la priorité donnée à l’annonce de l’Évangile, confiée par Jésus-Christ aux Églises et pour laquelle ont travaillé les deux frères apôtres des Slaves. Une telle annonce a été une voie et un moyen de connaissance réciproque et d’union entre les divers peuples de l’Europe naissante et a assuré à l’Europe d’aujourd’hui un commun patrimoine spirituel et culturel. Je souhaite donc que par la miséricorde de la Très Sainte Trinité, par l’intercession de la Mère de Dieu et de tous les saints, disparaisse ce qui divise les Églises, comme aussi ce qui divise les peuples et les nations. Je souhaite que la diversité des traditions et des cultures montre au contraire la réciproque complémentarité d’une commune richesse. Que la conscience de cette richesse spirituelle, qui par des voies diverses est devenue le patrimoine de chacune des sociétés du continent européen, aide les générations contemporaines à persévérer dans le respect réciproque des justes droits de chaque nation et dans la paix, ne cessant pas de rendre les services nécessaires au bien commun de toute l’humanité et à l’avenir de l’homme sur toute la terre. C’est pourquoi, de science certaine et après mûre délibération, par la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous constituons et déclarons, par ces lettres et de manière perpétuelle, les saints Cyrille et Méthode co-patrons célestes auprès de Dieu de toute l’Europe, avec tous les honneurs et les privilèges liturgiques qui en découlent et qui appartiennent aux patrons principaux d’une région. Paix aux hommes de bonne volonté.

31 décembre 1980. IOANNES PAULUS PP. II


(*) Texte latin darls l’Osservatore Romano du 1er janvier. Traduction de la salle de presse du Saint-Siège. Sous-titres de la DC. (1) Léon .XIII P. M. Acta, vol. II, p. 125-127. (2) Cf. Magnae Moraviae Fontes Historici, t. III, Brno 1969, p. 197-208. (3) Op. cit. p. 207. (4) Cf. F. Grivec Constantinus et Methodius Thessalonicenses Fontes, IV Zagabriae, 1960.

dimanche 12 février 2017

500 ans de la Réforme : Une raison de célébrer ?



En excellent français, il faut le souligner :

Lettre Pastorale de Mgr Gmür

 12 février 2017 6 B dimanche du temps ordinaire, année A

Chères sœurs et chers frères,

« La Réforme fête ses 500 ans. Les réformés suisses sont de la partie ! » Cette citation est tirée d'un site internet que j'ai visité récemment. Et nous, catholiques, devons-nous aussi participer à cette célébration ?
Toute personne qui célèbre la Réforme veut mettre en évidence les développements et les acquis positifs du processus de réformation qui a débuté il y a 500 ans. Ce qu'il y a eu de nouveau et de novateur pour les contours de la foi et de la vie chrétienne est reconnu. Des réformes et un renouveau étaient nécessaires, en ce temps-là comme ils le sont aujourd'hui. Sinon, c'est la stagnation ou l'égarement qui nous menacent. La stagnation signifie que l'Eglise cesse de se purifier. Elle s'éloigne alors de son origine et des gens. Elle devient une étrangère.
La personne croyante peut rencontrer Dieu directement et librement. Les réformateurs ont fortement insisté sur ce point, car l'Eglise catholique prenait la direction de la déchéance spirituelle et morale ; elle avait effectivement besoin d'une purification. C'est Dieu qui est au centre et non les détenteurs d'un pouvoir séculier, et surtout pas ceux qui portent l'habit ecclésiastique. Cette revendication des réformateurs va tout à fait dans le sens de la 1re lettre aux Corinthiens que nous avons entendue aujourd'hui. La première place revient à Dieu avec sa sagesse (cf. 1 Co 2,7). La source de cette sagesse est le Christ lui-même. C'est pourquoi il faut évaluer tous les efforts de réforme en se demandant s'ils conduisent au Christ ou non. « Solus Christus », « le Christ seul » est un maître mot de la Réforme qui est toujours valable aujourd'hui et pour lequel nous pouvons être reconnaissants.
Les changements font partie de la vie. Les processus de réforme qui veulent revenir au Christ contiennent des correctifs nécessaires. Ils nous préservent des égarements et apportent à l'Eglise fraîcheur et vitalité. Il y a toujours eu et il y aura toujours des réformes dans l'histoire de l'Eglise. Là où elles offrent de l'espace à l'action de l'Esprit Saint en opérant un discernement intelligent et mesuré, elles purifient la communauté ecclésiale. Elles fortifient l'annonce de l'Evangile en parole et en acte. Toutefois, lorsque les fronts se durcissent, quand apparaissent des conflits qui semblent insurmontables, lorsque des partenaires de dialogue deviennent des ennemis, la lutte pour la vérité de la foi et pour la juste forme à donner à l'Eglise peut déboucher sur une division.
Les 500 ans de la Réforme représentent-ils donc une bonne raison de célébrer ? Finalement, la Réforme a tout de même conduit à une division de l'Eglise qui n'est pas encore surmontée jusqu'ici. Le deuxième Concile du Vatican porte lui-même un jugement relativement dur sur cette situation : « Il est certain qu'une telle division s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l'Evangile à toute créature» (UR1). Ces mots on ne peut plus clairs me donnent à réfléchir.
On ne peut pas refaire le passé. Plusieurs divisions dans l'Eglise ont eu lieu. Devons-nous pour autant simplement en accepter les conséquences négatives, le scandale et l'obstacle qu'elles représentent pour la prédication de l'Evangile ? Non, bien au contraire. Au lieu de séparation, l'Eglise a besoin de réconciliation, elle a besoin d'unité au lieu de division. Agir en faveur de l'unité de la chrétienté est notre mission à tous. C'est un grand défi. L'accepter nous rend, à la suite du Christ, crédibles.
Il est évident qu'on ne peut pas simplement balayer les différences entre les confessions en les cachant sous le tapis. Cependant, cela ne nous avance pas non plus de cimenter les différences, de les reconnaître réciproquement et avec amitié, tout en estimant avoir ainsi déjà atteint l'unité. Qu'est-ce que je veux dire quand je parle d'unité ? Qu'est-ce que mon interlocuteur comprend par là ? Il est nécessaire de clarifier ce que signifie l'unité. L'objectif de l'œcuménisme n'en sera que plus clair lui aussi. C'est une mission qui s'adresse à la recherche en théologie et aux directions des Eglises. Mais c'est en même temps une mission qui revient à chaque baptisé, en dialogue avec les autres baptisés. L'entente dans la foi est, selon moi, un moment décisif. C'est le réformateur Martin Luther qui a dit que c'est seule la foi qui sauve. Or cela implique une même confession de foi, qui fasse autorité pour tous. On peut s'en étonner, mais ce n'est pas encore le cas partout aujourd'hui. La confession de l'Eglise comme Corps du Christ fait également partie de la confession de foi. Les Eglises catholique et orthodoxe sont fermement convaincues que l'unité doit prendre une forme visible : visible dans la confession de foi, visible dans les célébrations des sacrements, visible dans l'action caritative, visible dans les ministères et les structures de l'Eglise. Dans l'Evangile selon saint Jean, Jésus prie le Père avec ces mots : « Qu'ils parviennent à l'unité parfaite et qu'ainsi le monde puisse connaître que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé » (Jn 17,23). C'est précisément pour que le monde puisse connaître cela que la visibilité est nécessaire. Pour que l'Eglise une puisse accomplir sa mission, elle doit être visible, reconnaissable comme une seule « marque », saisissable comme une seule chrétienté.
J'ai parfois l'impression que nous nous sommes bien, et même beaucoup trop bien accommodés de nos différences. La coexistence bienveillante est devenue la règle. Nous nous arrangeons bien entre nous et nous qualifions le résultat de diversité, de pluralité, de variété, d'Eglises multicolores. Cependant, nous risquons de nous obstiner dans la multiplicité et de nous y perdre. Ensuite, nous oublions que dans le concret, multiplicité signifie souvent division, et nous oublions que la division est un scandale. C'est pourquoi l'accent doit être mis sur ce qui unit vraiment. En restant dans nos différences, nous nous entendons bien, mais l'unité réconciliée fait encore défaut. Nous ne sommes pas réconciliés, parce que l'unité dans les sacrements et les ministères fait défaut. L'intégration de la diversité dans l'unique Eglise Corps du Christ est nécessaire. L'unité n'entraîne pas la restriction mais l'enrichissement, parce que ce n'est que dans l'unité que la diversité porte véritablement ses fruits. Le chemin vers cette unité est une lutte à mener, et je suis fermement convaincu que cette lutte en vaut la peine.
Qu'est-ce que cela signifie alors pour nous qui sommes catholiques ? Ben Sira nous exhorte aujourd'hui dans la première lecture à être responsables de nos actes. Dieu nous a donné à tous la liberté de participer à construire le cours de l'histoire. Tous et toutes, nous devons et nous pouvons participer activement à tracer le chemin que prend l'Eglise, en étant conscients de notre responsabilité au lieu d'être indifférents. Aucun de nous ne peut rester indifférent lorsque des chrétiens se querellent. Aucun de nous ne peut rester insensible au fait que des communautés chrétiennes différentes prient séparément et se tiennent à l'écart de leurs frères et sœurs qui appartiennent à une autre confession. Et surtout, nous ne pouvons vraiment pas rester indifférents quand, aujourd'hui encore, des chrétiennes et des chrétiens sont persécutés dans de nombreux pays. Être tous prêts à agir en communauté est le premier pas pour surmonter les différences. Que nous soyons engagés professionnellement au service de l'Eglise ou bénévoles, nous pouvons tous nous engager dans des manifestations ou des projets interconfessionnels.
La prière de Taizé est un bon exemple. Dans la louange commune de Dieu, notre centre commun devient perceptible. C'est le Christ qui nous unit les uns aux autres. Il n'est pas divisé (cf. 1 Co 1,13). A la fin de cette année, la rencontre européenne des jeunes organisée par Taizé aura lieu à Bâle. Des jeunes chrétiennes et chrétiens de différentes confessions prieront ensemble. C'est par de tels événements que nous pouvons particulièrement ressentir que nous faisons route ensemble sur de nombreux chemins. Le travail des œuvres d'entraide chrétiennes peut aussi être cité en exemple dans ce domaine. « Action de Carême » et « Pain pour le prochain » en donnent un témoignage crédible depuis des décennies.
Comment commémorer la Réforme en tant que catholiques ? Nous sommes reconnaissants pour la nouvelle impulsion qui souligne que le Christ seul signifie notre salut. Nous remercions Dieu pour les multiples témoignages de foi des chrétiennes et chrétiens réformés. Nous nous réjouissons de l'orientation radicale sur la Parole de Dieu et de la nouvelle valeur accordée au peuple de Dieu. Nous commémorons la Réforme en agissant ensemble en faveur de l'unité. Nous croyons et nous confessons notre foi ensemble. Nous souffrons aussi ensemble, parce que tout n'est pas encore possible. Et surtout, nous prions ensemble. La prière est la célébration de la miséricorde de Dieu. Dans cette perspective, non seulement nous pouvons, mais nous devons célébrer ensemble !
Bien à vous ! +Félix Gmür Evêque de Bâle

vendredi 10 février 2017

XXVe JOURNÉE MONDIALE DU MALADE

 MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA XXVe JOURNÉE MONDIALE DU MALADE 2017

Émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit :
« Le Puissant fit pour moi de grandes choses … » (Lc 1,49)

Chers frères et sœurs,

Le 11 février prochain sera célébrée, dans toute l’Église et de façon particulière à Lourdes, la XXVème Journée mondiale du malade, sur le thème : Émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit : « Le Puissant fit pour moi de grandes choses … » (Lc 1,49). Instituée par mon prédécesseur saint Jean-Paul II en 1992, et célébrée pour la première fois justement à Lourdes le 11 février 1993, cette Journée constitue une occasion d’attention spéciale à la condition des malades et, plus généralement, de ceux qui souffrent ; et en même temps elle invite qui se prodigue en leur faveur, à commencer par les proches, les personnels de santé et les volontaires, à rendre grâce pour la vocation reçue du Seigneur d’accompagner les frères malades. En outre, cette occasion renouvelle dans l’Église la vigueur spirituelle pour développer toujours mieux cette part fondamentale de sa mission qui comprend le service envers les derniers, les infirmes, les souffrants, les exclus et les marginaux (cf. Jean-Paul II Motu proprio Dolentium hominum, 11 février 1985, n. 1). Les moments de prière, les Liturgies eucharistiques et l’Onction des malades, le partage avec les malades et les approfondissements bioéthiques et théologico-pastoraux qui auront lieu à Lourdes en ces jours offriront certainement une nouvelle et importante contribution à ce service.

Me plaçant dès à présent spirituellement près de la Grotte de Massabielle, devant l’effigie de la Vierge Immaculée, en qui le Tout-Puissant a fait de grandes choses pour la rédemption de l’humanité, je désire exprimer ma proximité à vous tous, frères et sœurs qui vivez l’expérience de la souffrance, et à vos familles ; comme aussi mon appréciation à tous ceux qui, dans leurs différents rôles et dans toutes les structures sanitaires répandues dans le monde, agissent avec compétence, responsabilité et dévouement pour votre soulagement, votre traitement et votre bien-être quotidien. Je désire vous encourager tous, malades, personnes qui souffrent, médecins, infirmières, proches, volontaires, à contempler en Marie, Salut des malades, la garante de la tendresse de Dieu pour chaque être humain et le modèle de l’abandon à sa volonté ; et à trouver toujours dans la foi, nourrie par la Parole et par les Sacrements, la force d’aimer Dieu et les frères aussi dans l’expérience de la maladie.

Comme sainte Bernadette, nous sommes sous le regard de Marie. L’humble jeune fille de Lourdes raconte que la Vierge, qu’elle a appelée “la Belle Dame”, la regardait comme on regarde une personne. Ces simples paroles décrivent la plénitude d’une relation. Bernadette, pauvre, analphabète et malade, se sent regardée par Marie comme une personne. La  Belle Dame lui parle avec grand respect, sans prendre un air supérieur. Cela nous rappelle que chaque malade est et reste toujours un être humain, et doit être traité comme tel. Les infirmes, comme les porteurs de handicaps même très lourds, ont leur inaliénable dignité et leur mission dans la vie, et ne deviennent jamais de simples objets, même si parfois ils peuvent sembler seulement passifs, mais en réalité, ce n’est jamais ainsi.

Bernadette, après être allée à la Grotte, grâce à la prière transforme sa fragilité en soutien pour les autres, grâce à l’amour devient capable d’enrichir son prochain, et surtout, elle offre sa vie pour le salut de l’humanité. Le fait que la Belle Dame lui demande de prier pour les pécheurs nous rappelle que les infirmes, les personnes qui souffrent, ne portent pas seulement en eux le désir de guérir mais aussi celui de vivre chrétiennement leur vie, en arrivant à la donner comme d’authentiques disciples missionnaires du Christ. Marie donne à Bernadette la vocation de servir les malades et l’appelle à être Sœur de la Charité, une mission qu’elle exprime dans une mesure si haute qu’elle devient un modèle auquel chaque agent de santé peut se référer. Demandons donc à l’Immaculée Conception la grâce de savoir nous mettre toujours en relation avec le malade comme avec une personne qui, certainement, a besoin d’aide, parfois aussi pour les choses les plus élémentaires, mais qui porte en elle un don personnel à partager avec les autres.

Le regard de Marie, Consolatrice des affligés, illumine le visage de l’Église dans son engagement quotidien pour les personnes dans le besoin et celles qui souffrent. Les fruits précieux de cette sollicitude de l’Église pour le monde de la souffrance et de la maladie sont un motif de remerciement au Seigneur Jésus, qui s’est fait solidaire avec nous, en obéissance à la volonté du Père et jusqu’à la mort de la croix, afin que l’humanité soit rachetée. La solidarité du Christ, Fils de Dieu né de Marie, est l’expression de la toute-puissance miséricordieuse de Dieu qui se manifeste dans notre vie – surtout quand elle est fragile, blessée, humiliée, marginalisée, souffrante – infusant en elle la force de l’espérance qui nous fait nous relever et nous soutient.

Tant de  richesse d’humanité et de foi ne doit pas être perdue, mais plutôt nous aider à nous confronter à nos faiblesses humaines et, en même temps, aux défis présents dans le monde de la santé et de la technologie. À l’occasion de la Journée Mondiale du Malade nous pouvons trouver un nouvel élan pour contribuer à la diffusion d’une culture respectueuse de la vie, de la santé et de l’environnement ; une impulsion nouvelle à lutter pour le respect de l’intégralité et de la dignité des personnes, également à travers une approche juste des questions bioéthiques, de la protection des plus faibles et de la sauvegarde de l’environnement.

À l’occasion de la XXVème Journée mondiale du Malade, je renouvelle ma proximité dans la prière et mon encouragement aux médecins, aux infirmiers, aux volontaires et à toutes les personnes consacrées engagées au service des malades et des indigents ; aux institutions ecclésiales et civiles qui œuvrent dans ce domaine ; et aux familles qui prennent soin avec amour de leurs proches malades. À tous, je souhaite d’être toujours des signes joyeux de la présence et de l’amour de Dieu, en imitant le témoignage lumineux de tant d’amis de Dieu parmi lesquels je rappelle saint Jean de Dieu et saint Camille de Lellis, patrons des hôpitaux et du personnel de santé, et sainte Mère Teresa de Calcutta, missionnaire de la tendresse de Dieu.

Frères et sœurs, tous, malades, personnels de santé et volontaires, élevons ensemble notre prière à Marie, afin que sa maternelle intercession soutienne et accompagne notre foi et nous obtienne du Christ son Fils l’espérance sur le chemin de la guérison et de la santé, le sens de la fraternité et de la responsabilité, l’engagement pour le développement humain intégral et la joie de la gratitude chaque fois qu’elle nous émerveille par sa fidélité et sa miséricorde.

O Marie, notre Mère,
qui, dans le Christ, accueille chacun de nous comme un enfant,
soutiens l’attente confiante de notre cœur,
secours-nous dans nos infirmités et nos souffrances,
guide-nous vers le Christ ton fils et notre frère,
et aide-nous à nous confier au Père qui accomplit de grandes choses.

Je vous assure tous de mon souvenir constant dans la prière et je vous adresse de grand cœur la Bénédiction apostolique.

Le 8 décembre 2016, Fête de l’Immaculée Conception.

François