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vendredi 26 mai 2017

Saint Philippe Néri, quelques histoires



Philippe Néri n'était pas ce qu'on appelle un  saint confortable. On le dit patron des humoristes, mais pour se mettre à son école, ses disciples avaient à subir maintes épreuves...

Passons sur l'histoire de la pénitente qu'il envoya plumer une poule à travers Rome, pour les ramasser ensuite, afin de lui faire comprendre les vertus de la discrétion et les conséquences de la médisance.

Le jour de la translation des reliques des saints Maure et Papia dans son église , en arrivant à la porte que la foule encombrait , il s'arrêta devant un suisse de la garde du pape, et se mit à caresser sa barbe en lui disant : « Vous faites honneur aux saints martyrs , c'est très-bien , mon ami , ayez bon courage ; ce service ne demeurera pas sans fruit. »

Un autre jour, il se fit raser la barbe, seulement d'un côté, et sortit ensuite dans la ville d'un air triomphant, comme s'il eût fait quelque chose de glorieux. II lui arriva plus d'une fois de se faire couper les cheveux et la barbe à la porte de la maison, au milieu d'une foule de curieux. Après quoi, passant la main sur sa tête et son visage, il parlait de sa bonne mine , et donnait des louanges à son perruquier.

Le cardinal Gesualdi , qui lui était fort affectionné, remarquant la légèreté de son vêtement, au milieu d'un rude hiver , lui donna sa propre fourrure avec injonction de la porter. Il la porta, en effet, pendant un mois entier , mais de la manière la plus plaisante ; il s'en allait dans les rues enveloppé jusqu'au menton , marchant la tête haute , et se regardant de temps à autre avec une affectation puérile qui faisait beaucoup rire les passants.

Attendait-il quelques visites marquantes, il prenait une calotte rouge , un petit manteau de même couleur sur sa soutane noire , et des souliers blancs, et c'était dans ce singulier costume qu'il recevait ses visiteurs. Il lui arrivait parfois, aux jours de fêtes solennelles , d'arriver à l'église sa barrette sur le nez et son manteau à l'envers , ou bien les épaules couvertes d'un vieux camail blanc qu'avait porté le pape saint Pie V. Un jour de la Nativité de la sainte Vierge, fête qui se célébrait dans son église avec une grande solennité, il entra dans le choeur où se trouvaient plusieurs cardinaux, sous ce costume burlesque. Ceux-ci se levèrent par honneur , et voulurent lui faire prendre place au milieu d'eux. « Non, Messeigneurs, leur dit-il, mon rang est parmi vos caudataires, » et il s'assit à leurs pieds.

Il avait dans sa chambre un assortiment de lunettes, non pour son usage, car il ne s'en servait jamais, mais pour éprouver l'humilité de ses jeunes disciples. On ne voyait alors que des vieillards dont la vue était usée, recourir à cet instrument. Les jeunes gens ne pouvaient donc l'employer en public sans se rendre ridicules. Or, c'est à quoi Philippe obligeait les siens de temps en temps : « Ornez-vous , leur disait-il , le visage de ces lunettes , et allez dans tel lieu public vous faire admirer. »


Un jeune menuisier, qui se confessait au saint, vint lui demander la permission de porter un cilice : » Je le veux bien, répondit celui-ci ; mais à condition que vous le porterez en guise de ceinture par-dessus vos habits. » La condition fut acceptée. Il se fit faire une large ceinture de crin, qu'il ne cessa de porter extérieurement pendant les quelques années qu'il vécut encore.



jeudi 25 mai 2017

Ascension


25 MAI 2017 - Jeudi -  Ascension
Solennité du Seigneur
Lectures de la messe
Première lecture« Tandis que les Apotres le regardaient, il s’éleva »Ac 1, 1-11
PsaumeDieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
ou :Alléluia !Ps 46 (47), 2-3, 6-7...
Deuxième lecture« Dieu l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux »Ep 1, 17-23
Évangile« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre »

Homélie

Alors que les Apôtres fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »
Si les Apôtres regardent le ciel, la question que nous, nous nous posons est celle-ci : - Où est-ce que ça c’est passé ? Si nous avons fait le pèlerinage en Terre Sainte, nous disposons d’une réponse rapide : - Sur le Mont des Oliviers.
C’est là qu’il reviendra selon la tradition, les tombes juives y sont en grand nombre pour participer en premier à la résurrection.
En fin limier, comme il se doit, nous nous demandons encore : - Est-ce qu’il reste encore des traces ?
On en montre dans une pierre à l’intérieur d’un petit édifice qui est devenu mosquée. Mais le bon sens nous autorise à un peu de scepticisme. Parfois on voit des représentations des traces de pas de Jésus dans certaines églises italiennes.
Faut-il donc s’attacher à rechercher des traces dans la pierre puisque les anges ont fait comprendre qu’il ne fallait pas s’attacher à regarder le ciel ?
Nous sommes même autorisés à quelques interrogations sur la localisation de l’Ascension, puisque saint Matthieu a indiqué que les onze s’étaient rendus « en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. » Alors s’agit-il du Mont de la Transfiguration ou de celui de la Tentation ? Faut-il suivre Luc ou Matthieu ?
C’est comme si tout allait tout à coup très vite dans les trois autres Evangiles. Emportés par l’Esprit, il n’y a plus qu’une urgence, l’annonce de l’Evangile. Nous sommes bien 40 jours après Pâques… Pentecôte, ça sera 50 jours après Pâques. 40 jours c’est symboliquement un temps de préparation, plus paisible et plus réparateur après Pâques, certes, que les 40 jours de la tentation au désert ou les 40 ans du Peuple vers la terre promise.
L’Ascension vient d’un mot latin "ascensio" qui veut dire monter, s’élever. " Monter aux Cieux ", c’est entrer dans la Gloire de Dieu, c’est la dernière étape visible de la Résurrection. La nuée représente la présence divine. La montée de Jésus au ciel a été annoncée par celle d’Élie sur un char de feu. L’ascension d’Elie le fait échapper à la mort (2 R 2,1-19). Jésus va laisser la place à l’Esprit-Saint, ce qui ne l’empêchera toutefois pas de se manifester à Paul.
Dans les représentations iconographiques, on voit le Christ s’élever dans la nuée, les deux anges, les Apôtres entourant Marie. C’est le temps de la prière avec Marie et de l’attente de l’Esprit. D’autres tableaux en Occident figurent l’Ascension en montrant simplement les pieds de Jésus pénétrant en dernier lieu dans la nuée. On en a un exemple, si vous avez de bons yeux, sur le grand tableau du rosaire. Hans von Kulmbach un peintre de la fin du 15ème début du 16ème siècle, a choisi aussi cette manière. A la différence de Savador Dali, il a  représenté les stigmates du Christ. Est-ce un peu drôle de représenter des pieds? En fait, pourquoi pas ? Marie-Madeleine les a oint et séché de ses cheveux, elle ne voulait plus les lâcher après la Résurrection.
Jésus entre dans la gloire auprès de son Père dans son humanité avec les traces visibles de son sacrifice, et il les lui présente chaque jour. Il est notre grand-prêtre et notre intercesseur. Jusque-là toute la gloire de son corps glorifié dès l’instant de sa Résurrection était encore voilée et sa mission n’était pas encore pleinement accomplie, dans le sens où tout n’était pas mis en oeuvre. Maintenant, il va agir avec plus de force, l’Esprit est pour ainsi dire libéré. " Moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi " (Jn 12, 32). Le Seigneur a été élevé une première fois sur la croix, mais il l’est aussi au plus haut des cieux lorsqu’il siège à la droite du Père.
Les Apôtres rêvaient encore d’un pouvoir à la manière des rois, à l’instauration d’un règne terrestre, mais le Seigneur leur explique une dernière fois ce dont il s’agit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » Il leur parle d’une éducation à la vie éternelle…
Les Apôtres n’étaient pas tristes en rentrant à Jérusalem. Un auteur latin ancien du nom de Sedulius le souligne. Toute tristesse a quitté leur cœur. Ils étaient plein d’espérance, confiants dans la promesse : « Comme ils regardaient, le visage joyeux, le Seigneur s’en aller au-dessus des hautes nuées, et fouler de ses pas le chemin éclatant, pieusement ils l’adorent, et emportent dans l’allégresse de leur coeur cette voie vers le ciel, qu’ils révèlent à tous… Ils étaient les fidèles témoins de la puissance divine, ceux qui, bien qu’ils en aient vu davantage, n’écrivirent que bien peu de ces innombrables bienfaits. »
Ils sont rentrés avec pour mission de mettre en oeuvre une thérapie de l’espérance en se mettant au service de tous par l’annonce de la parole. Mais pour l’appliquer ils devaient encore attendre la venue de l’Esprit qui allait remplir et dilater leurs cœurs.

Seul un cœur grand ouvert et empli de l’Esprit « pouvait leur permettre et permettre à l’Eglise d’écouter les histoires de tous, pour  offrir la Parole de vie, le témoignage de l’amour fidèle de Dieu. Alors le cœur des personnes peut brûler d’espérance. » Que Notre-Dame nous enseigne à attendre et accueillir l’Esprit au Cénacle dans la prière en ce temps qui nous sépare de Pentecôte. Amen.

mercredi 24 mai 2017

Notre-Dame de Sheshan




La Journée de prière pour l’Eglise qui est en Chine, a été instituée par le Pape Benoît XVI le 24 mai 2007
Le 24 mai disait le Pape François dimanche dernier, nous nous unissons tous spirituellement aux fidèles catholiques en Chine, pour la fête de la bienheureuse Vierge Marie “Auxiliatrice des chrétiens”, vénérée au sanctuaire de Sheshan à Shanghai. Aux catholiques chinois, je dis : élevons le regard vers Marie notre Mère, pour qu’elle nous aide à discerner la volonté de Dieu sur le chemin concret de l’Eglise en Chine et nous soutienne dans l’accueil de son projet d’amour avec générosité. Marie nous encourage à offrir notre contribution personnelle pour la communion entre les croyants et pour l’harmonie de toute la société. N’oublions pas de témoigner de la foi par la prière et par l’amour en restant ouverts à la rencontre et au dialogue, toujours. 

Prière du Pape Benoît XVI

Vierge très sainte, Mère du Verbe incarné et notre Mère,
vénérée dans le sanctuaire de Sheshan
sous le vocable d’« Aide des Chrétiens »,
toi vers qui toute l’Église qui est en Chine regarde avec une profonde affection,
nous venons aujourd’hui devant toi pour implorer ta protection.

Tourne ton regard vers le peuple de Dieu
et guide-le avec une sollicitude maternelle
sur les chemins de la vérité et de l’amour, afin qu’il soit en toute circonstance
un ferment de cohabitation harmonieuse entre tous les citoyens.

Par ton « oui » docile prononcé à Nazareth, tu as permis
au Fils éternel de Dieu de prendre chair dans ton sein virginal
et d’engager ainsi dans l’histoire l’oeuvre de la Rédemption,
à laquelle tu as coopéré par la suite avec un dévouement empressé,
acceptant que l’épée de douleur transperce ton âme,
jusqu’à l’heure suprême de la Croix, quand, sur le Calvaire,
tu restas debout auprès de ton Fils, qui mourait pour que l’homme vive.

Depuis lors, tu es devenue, de manière nouvelle,
Mère de tous ceux qui accueillent dans la foi ton Fils Jésus
et qui acceptent de le suivre en prenant sa Croix sur leurs épaules.

Mère de l’espérance, qui, dans l’obscurité du Samedi-Saint,
avec une confiance inébranlable, est allée au devant du matin de Pâques,
donne à tes fils la capacité de discerner en toute situation,
même la plus obscure, les signes de la présence aimante de Dieu.

Notre-Dame de Sheshan, soutiens l’engagement de tous ceux qui, en Chine,
au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire, à espérer, à aimer,
afin qu’ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde et du monde à Jésus.
Dans la statue qui domine le Sanctuaire, tu élèves ton Fils,
le présentant au monde avec les bras grands ouverts en un geste d’amour.
Aide les catholiques à être toujours des témoins crédibles de cet amour,
les maintenant unis au roc qui est Pierre, sur lequel est construite l’Église.

Mère de la Chine et de l’Asie, prie pour nous maintenant et toujours.
Amen !

Le Sanctuaire de Sheshan est mieux connu par les Occidentaux depuis que le pape saint Jean-Paul II en avait fait mention lors d'un Angélus.
Prière de Benoît XVI ; Lettre de Benoît XVI aux catholiques de ChineLa colline de Sheshan ; Carte mariale du Monde ; Angélus de Jean-Paul II ; Cathédrale de Papeete ; Site de la médaille miraculeuse ; Fides ; Tourisme ; Guide des lieux de culte de Shangaï ; Radio Vatican (2016) ;




L'histoire des Jésuites en Chine remonte à François-Xavier, mais la suppression de la compagnie eut pour ultime conséquence sa disparition de Chine. Elle n'y revint qu'au 19ème siècle, avec les autres Congrégations. Lors de la 1ère évangélisation, ils firent usage de leur connaissances scientifiques comme paravent de l'évangélisation. Il fallait rester humbles. Et aujourd'hui?

dimanche 21 mai 2017

L'Eglise un orphelinat?

L'Eglise n'est pas un orphelinat, et le Christ ne nous laisse pas orphelins, mais il nous faut prier pour tous les orphelins de chez nous et d'ailleurs. Source de l'image.

21 MAI 2017 - 6ème Dimanche de Pâques — Année A

Lectures de la messe
Première lecture« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit S...Ac 8, 5-8.14-17
PsaumeTerre entière, acclame Dieu,
chante le Seigneur !
Alléluia !Ps 65 (66), 1-3a, 4-...
Deuxième lecture« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie...1 P 3, 15-18
Évangile« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur »


Frères et Sœurs,
Jésus dans notre Evangile prépare ses Apôtres à son départ. Le contexte est celui de la dernière Cène, mais il s’applique naturellement à cet autre départ qu’est l’Ascension que nous célébrerons Jeudi prochain.
Le Seigneur va monter au ciel parce que sa mission s’achève, et pour que l’Esprit-Saint puisse commencer la sienne. Vous aurez certainement retenu au cours de ces années passées ensemble, que seuls le Fils et l’Esprit reçoivent dans la Trinité une mission. C’est le Père qui envoie.
Le nom du nouvel envoyé, de celui qui est à l’œuvre paraît bien curieux. Il est le défenseur. Le texte grec utilise le mot de paraclet qui a passé dans la langue française, mais on l’entend, il est vrai moins fréquemment. Il signifie : aide, protecteur, intercesseur, consolateur, on peut encore dire avocat.
Son usage nous porte immédiatement à penser que les temps vont être difficiles. Le Seigneur ne cache pas à ses apôtres la vérité, il leur annonce en quelque sorte qu’ils vont être orphelins, même s’ils ne le resteront pas. Qui a vécu ce type de situation étant jeune, comprend la dureté de ses conséquences. Lorsque des parents s’en vont dans le grand âge, cela fait toujours mal au cœur, même si la nature suit son cours. On devrait être prêt, mais l’est-on toujours et peut-on vraiment l’être sans une aide.
Ce qu’il y a de curieux, à ce moment, c’est ce sentiment perceptible de Jésus qui fait comprendre en quelque sorte, qu’ils ne sont pas encore prêts, qu’ils ne sont pas mûrs pour une séparation qui dans notre esprit s’accorde avec autonomie. En est-ce une ? Pour être debout dans le Christ une aide n’est-elle pas nécessaire ? Le choc de la passion a été violent, ils ont vu Jésus ressuscité, mais manifestement, un peu comme des oiseaux tombés du nid que les parents mettent en sécurité, ils ne sont pas encore en état de voler ou de marcher seuls. Pourtant, ce sont des hommes qui ont passé l’âge de se faire accompagner à l’école.
Au fait, n’avons-nous pas en chacun de nous une fragilité qui nous invite à ne pas nous montrer présomptueux, mais en quoi ?
Il ne va plus s’agir de le voir vivant, comme ils le voient après sa résurrection, mais de vivre son message et le transmettre. Pourquoi ? Parce qu’il veut nous voir unis à lui-même et à son Père en accomplissant ses commandements… Le vrai critère n’est pas seulement celui d’une contemplation superficielle, mais du véritable amour. « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Pour y arriver l’affaire n’est pas mince, tant notre nature a envie de rendre coup pour coup, de se venger ou de fuir par peur des difficultés. C’est à ce moment que nous avons besoin d’une aide qui sort de l’ordinaire.
Nous sommes parfois de fameux tordus, par cupidité, par esthétisme, par désir de puissance, prêts à céder à toutes les passions désordonnées. Nous connaissons nos inclinations à l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, l’impureté, la gourmandise, la paresse, y compris spirituelle…
Comment être témoins du Christ sans aide ?
Que veut-il donc léguer à ses Apôtres ? Il ne leur laisse pas de fortune, pas d’immeubles, ni de meubles, pas de mobilier, pas de liste de produits pour les astiquer, pas de rente, aucun revenu, pas d’assurance-vie qui met du baume au cœur et de la sécurité, pas de rente d’orphelin, pas de cassette bien cachée. Habituellement, lorsqu’il y a succession c’est cela qui intéresse. Lorsque Jésus s’en va, rien de tout cela. Alors quel intérêt ?
Les Evangiles, ce ne sont pas des mémoires à la manière de Napoléon à Sainte Hélène, avec son secrétaire Las Cases… A la différence de ce type de mémoire, les Evangiles, comme toutes les Ecritures, ont un plus qui les rend actifs. Jésus lègue à ses apôtres un trésor, et ce trésor il va le leur faire parvenir et distribuer par un envoyé qui va leur apprendre à l’utiliser. Ce que Jésus veut nous partager à tous c’est l’amour de son Père et la capacité de l’aimer et de se laisser aimer, de vivre avec Lui. Car en effet, qu’y a-t-il de plus précieux que de demeurer toujours avec quelqu’un qu’on aime. Le temps que nous passons sur cette terre va servir à cela.

La charité chrétienne puise à cette source d'amour, qui est Jésus, le Fils de Dieu offert pour nous. La capacité d'aimer comme Dieu aime est offerte à chaque chrétien comme fruit du mystère pascal de mort et de résurrection. L'amour envers Dieu est rendu possible par le don de l'Esprit disait saint Jean-Paul II. Eh bien, préparons-nous à vivre avec Marie et dans son cœur Immaculé ces moments si importants qui nous attendent. Amen.

jeudi 18 mai 2017

Saint Burkard de Beinwil ou les problématiques extrêmes des relations avec une aide au prêtre


Un curé de campagne du 12e siècle
Burkard (début du 12e siècle-1192)
Burkard est né à Langenmatt, dans les environs de Müri, dans le canton d’Argovie, au premier tiers du 12e siècle ; il fut le premier curé de Beinwil, dans le Freiamt argovien. Son nom est cité dans un seul manuscrit du monastère de Kappel. Mais une longue tradition orale nous transmet par exemple une belle légende où un oiseau joue le rôle principal ; c’est un thème souvent repris dans les biographies de saints. Dans sa cure, Burkard avait une servante, qui, pendant les absences de l’abbé, conduisait une vie très légère en recevant de douteux amis. Une grue mit le curé au courant de la chose et la servante tua alors le pauvre oiseau. Le curé, à son retour, entendit une lamentation provenant d’une fosse ; il y trouva la grue qui lui relata ce qui était arrivé...
Le tombeau de Burkard fut immédiatement un centre de pèlerinages qui se poursuivirent nombreux même après la Réforme et furent accompagnés de miracles. Une source d’eau avait jailli à côté du tombeau.
Une reconnaissance officielle du culte n’eut lieu qu’en 1784. Autour du tombeau on avait construit une chapelle gothique qui devint la crypte d’une nouvelle grande église en 1796-1798, à l’époque de la Révolution française ! En 1817 Rome autorisa, pour l’église de Beinwil, une messe en l’honneur de Burkard.
On peut dire que Burkard fut une espèce de curé d’Ars à la fin du Moyen Age. Si l’on ne connaît pas bien sa vie, on sait son influence bénéfique sur l’âme de beaucoup de fidèles.
Fête le 18 mai.


Article de Gian Franco Schubiger Saints, martyrs et bienheureux en Suisse

Wikipedia ; Heiligenlexikon ; Aargauerkapellen ; Pfarrei Murri ; Beinwil

mercredi 17 mai 2017

Je suis vigne et vigneron

Il a repris notre pied de vigne...
17 MAI 2017

 Mercredi, 5ème Semaine du Temps Pascal
Lectures de la messe
Première lecture« On décida qu’ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des A...Ac 15, 1-6
Psaume : Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur.
Évangile« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beauco...

Saint Augustin à propos de ce passage dans son commentaire sur saint Jean, s’applique à nous expliquer que le Christ est vigne et vigneron, vigne étant soumis au Père par sa nature humaine, et vigneron comme son Père parce qu’il est aussi Dieu. Nous avons eu cette année un gel pernicieux qui a retranché bon nombre de branches naissantes en détruisant toutes les jeunes tiges… Mais pour le Père, notre Père et Lui-même, c’est tout le contraire, d’une destruction totale, il ne gèle pas, il n’étouffe pas, il fait porter du fruit à la vigne. Jésus est la vigne, nous sommes les sarments.
[« Je suis la vraie vigne », dit Jésus, « et mon Père est le vigneron. Il retranchera toutes les branches qui ne portent pas de fruit en moi, et il émondera toutes celles qui portent du fruit, afin qu'elles en portent davantage ». Le vigneron et la vigne sont-ils donc la même chose ? Jésus  est la vigne selon la nature qui lui permet de dire : « Le Père est plus grand que moi». Mais selon la nature qui lui permet de dire : « Le Père et moi nous sommes un», il est lui-même le vigneron ; non pas un vigneron comme ceux qui en travaillant ne peuvent donner que des soins extérieurs, mais un vigneron capable de donner l'accroissement intérieur. « Car ce n'est pas celui qui plante ni celui qui arrose qui « est quelque chose, mais c'est Dieu qui donne l'accroissement ». Or, Jésus est vraiment Dieu; car « le Verbe était Dieu », ce qui fait que le Père et lui ne sont qu'un; et si « le Verbe s'est fait chair», ce qu'il n'était pas, il est cependant resté ce qu'il était. » (Saint Jean 80e traité)]
Voilà un enseignement complet sur un sujet.
Quel est le fruit de la vigne qui est attendu ? C’est évidemment le raisin à partir duquel se prépare par la suite le vin. Pour que le bon raisin puisse mûrir, il faut non seulement du soleil mais encore de la pluie, le jour et la nuit. Pour que parvienne à maturité un vin de qualité, il faut le foulage, le temps nécessaire à la fermentation, le soin attentif qui sert au processus de la maturation. Le vin fin est caractérisé non seulement par sa douceur, mais aussi par la richesse de ses nuances, l’arôme varié qui s’est développé au cours du processus de maturation et de fermentation. N’est-ce pas déjà une image de la vie humaine? Nous avons besoin du soleil et de la pluie, de la sérénité et de la difficulté, des phases de purification et d’épreuve, comme aussi des temps de cheminement joyeux avec l’Évangile. Jetant un regard en arrière nous pouvons remercier Dieu pour les deux réalités : pour les difficultés et pour les joies, pour les heures sombres et les heures heureuses. Dans les deux cas nous reconnaissons la présence continuelle de son amour, qui toujours nous porte et nous supporte.
Maintenant, nous devons cependant nous demander : de quelle sorte est le fruit que le Seigneur attend de nous ? Le vin est l’image de l’amour : celui-ci est le vrai fruit qui demeure, celui que Dieu veut de nous. ( Benoît XVI : 29 juin 2011)