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mercredi 22 mars 2017

Le commandement de l'amour du prochain

15. Dans le « Discours sur la Montagne », qui constitue lamagna carta de la morale évangélique 24, Jésus dit : « N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17). Le Christ est la clé des Ecritures : « Vous scrutez les Ecritures, 1 ce sont elles qui me rendent témoignage » (Jn 5, 39) ; il est le centre de l'économie du salut, la récapitulation de l'Ancien et du Nouveau Testament, des promesses de la Loi et de leur accomplissement dans l'Evangile ; il est le lien vivant et éternel entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. Commentant l'affirmation de Paul « la fin de la loi, c'est le Christ » (Rm 10, 4), saint Ambroise écrit : « Fin, non en tant qu'absence, mais en tant que plénitude de la Loi : elle s'accomplit dans le Christ (plenitudo legis in Christo est), du fait qu'il est venu non pour supprimer la Loi, mais pour la porter à son accomplissement. De la même manière qu'il y a un Ancien Testament, et que toute vérité cependant se trouve dans le Nouveau Testament, ainsi en est-il de la Loi : celle qui a été donnée par l'intermédiaire de Moïse est la figure de la vraie Loi. Donc, la Loi mosaïque est le prototype de la vérité » 25.


Jésus porte à leur accomplissement les commandements de Dieu, en particulier le commandement de l'amour du prochain, en intériorisant et en radicalisant ses exigences ; l'amour du prochain jaillit d'un cœur qui aime, et qui, précisément parce qu'il aime, est disposé à en vivre les exigences les plus hautes. Jésus montre que les commandements ne doivent pas être entendus comme une limite minimale à ne pas dépasser, mais plutôt comme une route ouverte pour un cheminement moral et spirituel vers la perfection, dont le centre est l'amour (cf. Col 3, 14).

mardi 21 mars 2017

600ème anniversaire de la naissance de Saint Nicolas de Flüe

Nicolas de Flüe est venu nous rendre visite pour son anniversaire. Merci à lui et tous nos voeux à Gérald qui avait tout préparé et n'a pu venir. L'abbé Claude Schaller a présidé la célébration et la paroisse de Sachseln a prêté des reliques de frère Nicolas.










lundi 20 mars 2017

Saint Joseph, époux de la Vierge Marie



« Saint Joseph, avec toi, pour toi, nous bénissons le Seigneur. Il t’a choisi entre tous les hommes pour être le chaste époux de Marie, celui qui se tient au seuil du mystère de sa maternité divine, et qui, après elle, l’accueille dans la foi comme l’œuvre du Saint-Esprit. Tu as donné à Jésus une paternité légale en lien avec la lignée de David. Tu as constamment veillé sur la Mère et l’Enfant avec une sollicitude affectueuse, pour assurer leur vie et leur permettre d’accomplir leur destinée. Le Sauveur Jésus a daigné se soumettre à toi comme à un père, durant son enfance et son adolescence, et recevoir de toi l’apprentissage de la vie humaine, pendant que tu partageais sa vie dans l’adoration de son mystère. Tu demeures auprès de lui. Continue à protéger toute l’Église, la famille qui est née du salut de Jésus. Protège spécialement ce peuple canadien qui s’est placé sous ton patronage. Aide-le à s’approcher à son tour du mystère du Christ dans les dispositions de la foi, de soumission et d’amour qui ont été les tiennes. Regarde les besoins spirituels et matériels de ceux qui recourent à ton intercession, en particulier des familles et des pauvres de toutes pauvretés ; par toi, ils sont sûrs de rejoindre le regard maternel de Marie et la main de Jésus qui les secourt. Amen. »

Jean Paul II - Oratoire de Saint Joseph de Mont Royal au Canada - le 11 septembre 1984

dimanche 19 mars 2017

La Samaritaine



19 mars 2017 - 3ème Dimanche de Carême — Année A

Lectures de la messe

    Première lecture « Donne-nous de l’eau à boire » Ex 17, 3-7
    Psaume Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,mais écoutez la voix du Seigneur ! Ps 94 (95), 1-2, 6-7...
    Deuxième lecture « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui... Rm 5, 1-2.5-8
    Évangile « Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » Jn 4, 5-42
   
Frères et sœurs, cet émouvant Évangile, si caractéristique du Carême, ne peut que nous parler. Jésus vient de Jérusalem après avoir subi échecs et incompréhension au début de son ministère. Dans saint Jean, il a chassé les vendeurs du Temple. Malgré une apparente popularité il a préféré quitter la ville sachant ce qu’il y avait dans les cœurs. C’est ensuite l’entretien avec Nicodème, puis l’ultime témoignage de Jean-Baptiste qui ne s’attriste pas de voir les gens aller recevoir le baptême de Jésus. Il y est donc question d’eau et même d’eau vive, puisque cela se faisait dans le Jourdain.
Jésus se rend chez les Samaritains et s’arrête au bord d’un puits aux heures de midi. Vous avez entendu que ses disciples vont au ravitaillement, la nature ayant ses exigences. C’est à ce moment qu’une femme vient puiser. L’heure est inhabituelle, puisqu’il fait chaud et que les autres se sont retirées soit pour manger ou pour faire une sieste méritée… Les femmes sont de corvée d’eau et quelle corvée ! Si elle vient à pareille heure c’est certainement pour éviter une rencontre et des questions inappropriées… Il y a certainement un problème. Jésus entreprend de discuter avec elle, suscitant un geste charitable de sa part, mais la voilà qui ne se montre pas des plus avenantes et se moque un peu de lui. Un Juif qui demande de l’eau à une Samaritaine, c’est quelque chose !
Jésus a soif, comme il le dira encore sur la croix : « J’ai soif ! ». Il a soif non seulement physiquement mais aussi du cœur desséché de cette femme qu’il voudrait faire revivre.  Il lui demande à boire pour souligner la soif qu’elle a en elle-même, comme dit le pape François, mais aussi parce qu’il a vraiment soif d’elle comme de nous.
C’est une histoire d’amour, une vraie… Elle qui voulait éviter une rencontre, elle tombe sur un amoureux, bien différent du sien.
Souvenons-nous que dans l’Ecriture, bon nombre de belles histoires ont  commencé au bord d’un puits justement. Il y avait Isaac et Rebecca, Jacob et Rachel, Moïse et Cippora (Gn 24 ; Gn 29 ; Ex 2, 15-22).
La suite du dialogue est plaisante, Jésus lui promet de l’eau vive, et elle ne lui dit plus seulement « Toi, un juif… » Mais « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? » Un grand titre sous forme de compliment aimable et un peu moqueur.
Qu’est-ce qu’ils entendent par eau vive ? Le texte grec dit « eau vivante ».
A écouter Jésus, cela peut s’entendre par une eau apparente qui coule à la surface, une source ou une rivière. Mais il lui parle vie éternelle et la pauvre demande de l’eau courante, un raccordement à l’aqueduc de Jérusalem peut-être, ce qu’on comprend très bien et que nous apprécions localement au plus haut point. Pour mémoire, Sychar, le puits de Jacob, Samarie se trouvent à mi-chemin entre Jérusalem et Nazareth. Il y eut une église byzantine, puis croisée et aujourd’hui, le site appartient aux orthodoxes.
Il l’éclaire en lui révélant les secrets de sa vie privée, ses « cinq » maris et ce sixième homme actuel qui ne l’est pas. Cela me rappelle l’histoire de la femme qui épousa 7 frères lesquels moururent sans laisser d’enfants… De qui sera-t-elle l’épouse à la résurrection ? Pourquoi ne pas faire le rapprochement avec cet épisode. Jésus ne vient-il pas lui proposer ces épousailles spirituelles qui font entrer dans la vie éternelle ? L’eau vive cela sert au baptême d’abord, à la rémission des péchés, au don de la vie éternelle et à la résurrection. Tous nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection de Jésus. Nos baptistères ne sont-ils pas des  sources d’eaux vives, des puits de Jacob et des «Jourdain » spirituels ?
Jésus devant notre Samaritaine, a cette formule frappante : « Le salut vient des Juifs ». Elle rappelle aux connaisseurs un ouvrage de Léon Bloy, qu’il publia à une époque où l’Europe perdait la tête. A cet auteur nous devons la survie de Jacques Maritain et son baptême. Il fut son parrain ainsi que celui de Raïssa et de la sœur de celle-ci.
Jésus révèle à notre Samaritaine qui Il est. Le texte dans le grec, paraît dépasser la traduction. Elle lui parle du Messie, il dit : « Je suis », « Je suis, moi qui te parle ». Comme il s’adresse à Moïse et lui parle sur la Montagne, il s’adresse à cette femme, à une Samaritaine. C’est un des fameux « Je suis » de saint Jean.
Les Apôtres arrivent avec la nourriture qu’ils ont achetée et Jésus leur parle de nourriture spirituelle… Ils ne comprennent pas. Ils mettront beaucoup de temps à le faire.
Quant à la femme, saint Jean nous dit qu’elle court annoncer à tout le monde ce que Jésus lui a dit… Elle voulait venir discrètement et à la sauvette, et voilà qu’elle ameute tout le village en disant ce qu’elle a fait. Nous mesurons le retournement.
Nous-mêmes après l’avoir entendue, sommes-nous prêts à dire avec les Samaritains : « Nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »
Est-ce que cette eau vive, nous la laissons jaillir de notre cœur ? Est-ce que nous buvons à ce rocher spirituel qu’est le Christ dans nos déserts ? Est-ce que nous le laissons nous aborder en ce temps de carême ? Est-ce que nous prenons la peine de nous arrêter lorsque des témoins nous parlent de leurs rencontres faites avec le Christ ?

Puissions-nous écouter comme la Samaritaine avec l’aide de Marie et boire l’eau vive qu’il nous propose. Amen.

samedi 18 mars 2017

Notre-Dame des Marches





Notre-Dame des Marches de Joseph Bovet (en français)

Refrain

Notre-Dame des Marches ! (bis)
Nous avons bien raison de compter sur vous Pour nous appuyer dans les mauvais moments Auprès de votre fils, vous faut prier pour nous Et puis nous garder tous dans le bon chemin Notre-Dame des Marches ! (bis)

1er couplet

Il en est déjà passé dans votre petite chapelle Des gens qui ont prié, de ceux qui ont pleuré Sur votre bel autel nous vous laissons pas seule Ceux qui ont du souci ils viennent vous implorer

2ème couplet

Venez nous aider, nous en avons grand besoin Pour faire toujours bien comme il faut Nous semble quelquefois que le ciel est bien tant haut Que nous pourrons jamais grimper jusque là-haut

3ème couplet


Quand il nous faudra mourir, c'est à vous qu'il faut nous prendre Nous vous avons tant et tant dit qu'il vous faut pas nous oublier Donc pas trop longtemps ne nous laissez attendre Devant le paradis sans nous y faire entrer.

Notre-Dame del Sasso


mercredi 15 mars 2017

Serviteur mais pas d'un camp retranché



Maurice Zundel - Lausanne, 1956 8.  Sortons du Moyen Age
L'idée de Dieu n'a pas bougé, elle n'a pas du moins suffisamment progressé en nous pour donner à cette humanité armée de tels pouvoirs, le Dieu dont elle a besoin. Nous en sommes restés au Moyen Age, ce Moyen Age qui s'illustre dans les coupoles byzantines par le portrait du Christ Pantocrator: …
Il faut absolument sortir (du Moyen-Age et de la « conception d’une chrétienté camp retranché ») si le monde moderne, qui est justement fier de ses découvertes, veut continuer à trouver en Dieu sa fin, son espace, sa lumière et sa joie.
Sentez-vous cette situation tragique? Un Dieu trop petit pour un monde qui grandit immensément! On comprend que l'homme d'aujourd'hui, l'homme qui se sent un créateur, l'homme dont la puissance semble n'avoir plus aucune limite, on comprend qu'il n'accepte pas de se soumettre.
La soumission n'est pas une attitude pour l'esprit. L'esprit cherche, l'esprit veut crever son horizon, il veut aller plus loin, il veut aller au-delà, sans terme et sans fin. L'esprit veut bien se donner, il veut bien aimer, il veut déployer une générosité, une générosité toujours plus grande: Il ne peut pas se faire l'esclave d'une formule et s'assujettir à un gouvernement.
Et justement, par bonheur, un homme du Moyen Age  -  qui dépasse infiniment le Moyen Age  -  nous a ouvert une issue merveilleuse; et cet homme du Moyen Age, qui dépasse infiniment le Moyen Age, c'est Saint François d'Assise, Saint François d'Assise, ce chevalier de Dame Pauvreté, Saint François d'Assise, ce bourgeois qui veut devenir Seigneur, ce bourgeois qui rêve d'être un prince, de s'illustrer sur les champs de bataille et d'épouser la plus belle princesse du monde. Ce chevalier de la pauvreté, nourri des romans de chevalerie, alors qu'il s'en va équipé de pied en cap pour faire la guerre, entend une voix qui l'appelle à un plus haut service: "François, lequel vaut le mieux: être le serviteur du serviteur ou le serviteur du Maître lui-même?" C'est une parabole qui s'éveille dans son esprit, et il comprend qu'en allant combattre sous les ordres d'un capitaine qui est lui-même au service d'un prince, il sera le domestique d'un domestique.

C'est trop peu pour lui. Ce qu'il lui faut, c'est tout, c'est l'infini, c'est le monde entier, et il ne s'arrêtera pas avant d'en avoir fait la conquête; mais il faudra d'abord qu'il apprenne quel est son champ d'action, il faudra qu'il reconnaisse le Visage de cette voix qui lui a parlé en langage encore imparfait qui était celui qu'il pouvait entendre. Et bientôt, à travers la maladie, à travers le silence, il va découvrir Celui qui lui a parlé, et il va reconnaître Dieu sous les traits de la Pauvreté.