Rechercher dans ce blog

Chargement...

mardi 27 septembre 2016

Devons-nous faire descendre le feu du ciel?


Jésus monte à Jérusalem et durcit sa face. On ne veut pas le recevoir dans un village, même dans un village de Samaritain parce qu’il se rend à Jérusalem.
La réaction de Jacques et Jean est compréhensible humainement, pourtant il y a eu déjà deux annonces de la passion. Ils ne paraissent pas avoir compris ce que Jésus avait dit en descendant du Thabor, ils le voient en divinité maniant la foudre et les éclairs… Moïse au Sinaï ou Zeus olympien, destruction de Sodome et Gomorrhe? mais Jésus ce n’est pas ça, il monte à Jérusalem pour donner sa vie et faire descendre un autre feu purificateur, celui de l'Esprit.
Augustin dans son commentaire du Jugement dernier,  relève le feu qui tomba du ciel et consuma la nombreuse famille de Job…  Feu du ciel dans l’Evangile feu du ciel dans cette épître cela nous interpelle naturellement. Qui d’entre nous victime d’une incompréhension ou d’une injustice n’est pas prêt à sortir tout son arsenal et parfois se lâche et se fâche… dispensant une verte correction verbale peut-être. L’important est de se réconcilier et Dieu ne s’arrête pas à nos limites.
Jésus quelques lignes plus loin nous offre la mémorable parabole du bon samaritain... Celui qui accomplit des gestes de miséricorde n’est-il pas plus près de Dieu que celui qui se contente d’élever avant tout les mains vers le ciel et de suivre ses rubriques. A chacun d’interpréter. La miséricorde reviendra à la charge en un autre temps, après la résurrection de Jésus, avec le diacre Philippe. A ce moment l’annonce de la Bonne Nouvelle portera son fruit. 
Que la miséricorde qui sort du cœur de Jésus, que « l'éclair de miséricorde qui frappe l’âme » (B XVI) du bon Samaritain frappe les nôtres aussi. Invitation pour chacun et chacune à la patience et à laisser un peu d’eau couler sous les ponts, à nettoyer paisiblement son linge à la source de la miséricorde. Peut-on parler de machine à laver ? 

Seigneur, Toi qui  vas nous nourris, du pain du ciel, accorde-nous de célébrer sans fin ta miséricorde avec la Vierge Marie. Amen.

dimanche 25 septembre 2016

Saint Nicolas de Flüe


Saint Nicolas de Flüe, patron de la Confédération

1ère lecture : Sg 7, 27c - 8, 2a.3-7.9
2ème lecture : Rm 14, 17-19
Evangile : Mt 19, 27-29
Frères et Sœurs,
« Que le nom du Seigneur soit votre salut ! » par cette salutation de frère Nicolas, saint Jean-Paul II s’était adressé à ceux qui s’étaient réunis autour de lui, au Ranft en 1984. Ce matin, nous allons simplement nous laisser interroger par le saint Pape et par frère Nicolas dans sa lettre au bernois et par sa vie. Saint Jean-Paul II nous rappelle que la sainteté n’est pas une affaire des temps anciens, elle est contemporaine et nous concerne chacun. Un jeune saint, qui d’une certaine manière en rajeunit un plus ancien.

samedi 24 septembre 2016

Nicolas de Flüe et la Vierge Marie



Ce qui suit n'a aucunement la prétention d'être exhaustif, il s'agit juste de quelques souvenirs de mémoire et de lecture. Nicolas de Flüe (1417–1487) mourut et naquit le même jour que l’entrée au ciel de saint Benoît, un 21 mars, premier jour du printemps. On sait que Nicolas se rendait parfois à l’abbaye d’Einsiedeln. Il avait donc une dévotion envers Notre-Dame des Ermites.

Une des visions de saint Nicolas intitulée par Charles Journet, l'Assistance à Dieu le Fils, nous rapporte comment le Père remercie Nicolas, puis Notre-Dame et enfin c’est le Seigneur lui-même de l'avoir assisté dans son agonie. Voici le passage du remerciement de la Vierge. On croirait presque Pierre ébloui ne sachant presque plus ce qu’il dit lors de la Transfiguration  : La reconnaissance de la Mère terrestre du Fils de Dieu. — Alors vint à travers le palais une femme belle et grande, elle aussi dans un vêtement blanc tout frais. Elle lui mit ses deux bras sur les épaules, et le serra avec force sur son cœur, avec un amour débordant, parce qu'il avait secouru si fidèlement son Fils dans sa détresse. Et l’homme s’effraya et dit: « Je ne sais pas que j’aie jamais rendu un service à votre Fils. Je suis venu ici seulement pour voir ce que vous faisiez ! » Et il ne la vit plus.

Notre-Dame est figurée dans la chapelle inférieure du Ranft datant de 1501, avec une Annonciation peinte sur le mur devant le choeur. Nous voyons une statue de la Vierge Marie, seule reine acceptée aujourd’hui en Suisse. Il est vrai que nos autorités ont tendance elles aussi à la « remiser » dans leurs tiroirs culturels. La préférence va aux souveraines et princesses étrangères en visite ou faisant du tourisme.


Sur le fameux tableau de Nicolas de Flüe  Notre-Dame sont représentées l’Annonciation et à la Nativité :
  


Chez nous, dans la chapelle, nous avons le fameux ex-votos de 1688 offert par Jean-Jacques de Staal où Notre-Dame est représentée. Pour rappel, voici ce qu’en disent Pierre Salvadé et Iso Baumer.


Notre tableau, sous forme d'ex-voto, est de 1688.  BAUMER le décrit sommairement, ce qui facilitera l'articulation de notre réflexion. La "Vierge nous apparaît avec couronne et Enfant".
C'est une Vierge "donnant la bénédiction", supportée par un bouillonnement de "nuages". Du ciel, apparaissent des " rayons de lumière d'en haut, sur le Saint". "Saint Nicolas", que BAUMER déclare "bienheureux", "de Flüe", est "à genoux, avec un chapelet". On remarque "sur un rocher un Christ Crucifié qu'il vénère".
Enfin "au fond", apparaissent un, "lac avec (une) ville".

J'ajouterais, pour ma part, qu'on trouve un cartouche explicatif en bas du tableau, on découvre aussi le blason des donateurs.

Vierge présentant le salut au monde

La Vierge bénissante est vraiment située dans la trouée de lumière, séparée des humains par un bouillonnement de nuages. La Mère à l'Enfant est couronnée et l'enfant me semble porter un fruit : fruit des entrailles d'une femme, la tâche rédemptrice du Fils est pleinement assignée. Jésus est dans les bras de Marie pour racheter l'humanité du péché des origines.

jeudi 22 septembre 2016

Saint Maurice


En fêtant Saint Maurice et ses compagnons nous avons localement à faire preuve d'humilité, devant les archives de l'abbaye et l'archéologie certes, mais d'abord devant les martyrs et leur message. L'illustration sera donc modeste.
Dire qu'à une époque on avait mis leur existence en doute!
Bonne fête à tous les Maurice.
Localement nous avons en mémoire les services rendus au Collège Saint Charles à Porrentruy par les chanoines, mais aussi la petite "basilique" de saint Maurice à Courtételle d'où partirent pour leur propre témoignage nos martyrs locaux, Germain et Randoald.

Liens 

Saint Maurice

Du Propre d'Agaune :

Saint Maurice et ses compagnons, Martyrs         22 septembre
Solennité

Lors de la persécution de Dioclétien (fin du IIIe siècle), des soldats chrétiens furent mis à mort pour leur foi à Agaune dans le Valais. Une chapelle fut érigée en leur honneur vers 390 par saint Théodule, évêque d’Octodure. Par la suite, ce sanctuaire fut agrandi, des églises plus vastes furent construites. En 515, un monastère fut fondé par saint Sigismond, roi des Burgondes, pour garder le souvenir du martyre de Maurice et de ses Compagnons. C’est  l’évêque de Lyon Eucher qui, vers le milieu du Ve siècle, rédigea le récit de la passion des martyrs d’Agaune, d’après des traditions orales.

Antienne d’ouverture                             Mt 13,43 & Sag 5,5
Ils resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père,
car ils sont maintenant au nombre des enfants de Dieu,
     et ils partageront la gloire des saints.

Gloria

Priere
Le jour de la fête des Martyrs
S
eigneur, la gloire de tes élus
     est un reflet de ta splendeur,
et tu as consacré ce jour
     par le martyre de saint Maurice et de ses compagnons ;
Accorde à ton Eglise,
     qui fête avec joie leur entrée dans le ciel,
     de trouver, à leur exemple et par leur prière,
     le chemin de ta miséricorde.
Par Jésus-Christ.

Pour les messes votives
S
eigneur, la gloire de tes élus
     est un reflet de ta splendeur,
et tu as consacré ce lieu
     par le martyre de saint Maurice et de ses Compagnons  ;
Accorde à ton Eglise
     qui célèbre avec joie leur présence dans le ciel,
     de trouver, à leur exemple et par leur prière,
     le chemin de ta miséricorde.
Par Jésus-Christ.

Autres Oraisons au choix :

D
ieu éternel et tout-puissant,
     tu as donné à saint Maurice et à ses Compagnons
     le courage de mourir
         pour la liberté de la foi.
Que leur prière nous obtienne la grâce
     de supporter toute adversité
         par amour pour toi,
et de tendre de toutes nos forces
     jusqu'à toi qui es notre vie.
Par Jésus Christ.

D
ieu éternel et tout-puissant,
     tu as donné à saint Maurice et à ses Compagnons
     la force de souffrir par amour du Christ ;
viens au secours de notre faiblesse,
afin qu'en imitant ces martyrs
     qui n'ont pas hésité à mourir pour toi,
nous ayons le courage
     de te glorifier par notre vie.
Par Jésus Christ.

T
u t'est complu, Seigneur, en ton Fils
     qui accomplissait dans son mystère pascal
     la liturgie de l'Amour,
et tu as voulu unir à sa louange
     saint Maurice et ses Compagnons ;
En te rendant grâce, nous te prions
de prolonger en nous et par nous
     cette liturgie et cette louange
dans une charité fraternelle
     attentive à toute misère,
     à toute solitude, à toute souffrance ;
que notre vie entière soit une hymne
     à la vérité de l'Evangile.
Par Jésus Christ.

Lectures propres
Credo

Priere sur les offrandes
S
eigneur, regarde les dons que nous présentons
     en la glorieuse passion
     de tes saints martyrs Maurice et ses Compagnons.
Ils te sont offerts en leur honneur  ;
fais que, par leur intercession,
     ils servent à notre salut.
Par Jésus.
le 22 septembre – saint Maurice et ses Compagnons
Ou bien :
D
ieu de toute clémence,
     répands ta bénédiction sur nos offrandes,
et fortifie dans nos cœurs
     la foi que saint Maurice et ses Compagnons
     surent défendre au prix de leur sang.
Par Jésus.


Preface

Le Seigneur soit avec vous. @ Et avec votre esprit.
Elevons notre coeur. @ Nous le tournons vers le Seigneur.
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu. @ Cela est juste et bon.

V
raiment, Père très saint,
     il est juste et bon de chanter ta louange
     et de t’offrir ce sacrifice d’action de grâce.

Car tu as purifié de ta divine lumière
     des fidèles qui, venus des extrémités de la terre,
         ne cessaient de t’implorer.
Cette légion thébaine, commandée par Maurice,
     tu l’as munie des armes spirituelles
         d’une ferme constance
     pour qu’elle se hâte vers le martyre
et, demeurant inébranlable dans la foi,
     qu’elle affronte de nombreux soldats,
         aux armes menaçantes.
Le feu de ton amour les embrase de charité,
Ils déposent leurs armes, se jettent à genoux
     et tombent sous le tranchant de l’épée
     le cœur dilaté de joie et d’espérance.

C’est pourquoi, animés de la même foi,
     brûlants du même amour
     nous te bénissons, avec les anges et les archanges,
     nous te louons et nous chantons : Saint !…


Autre Préface :

V
raiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
     De t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,
A toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. 
L'armée des soldats thébains
     avait reçu l'ordre de massacrer ton peuple  ;
mais toi, par une grâce soudaine de ta volonté,
     tu as rappelé ces hommes,
     pour que, loin de répandre le sang des chrétiens,
     ils préfèrent subir le poids de la persécution.
Alors la rage des païens décide la mort de la légion.
Une foi si vive enflamme tes soldats
     que tous spontanément s'offrent aux bourreaux.
Un cri jaillit dans le camp. Le sang des victimes se répand.
Leur foi demeure inébranlable.

C'est pourquoi, unis aux martyrs et aux anges,
nous chantons notre joie débordante
et sans fin nous proclamons : Saint!…


Antienne de la communion                    Ps 67,36
Redoutable est Dieu dans son temple saint, le Dieu d'Israël ;
c'est lui qui donne à son peuple force et puissance.
     Béni soit Dieu! alléluia!


Priere après la communion
N
ourris de tes sacrements et de ta joie, Seigneur,
     nous te supplions :
que les Martyrs dont le triomphe
     fait notre joie
     nous aident et nous protègent.
Par Jésus.

Ou bien :
N
ourris du vrai pain du ciel,
     et rassemblés en un seul corps dans le Christ,
nous te prions, Seigneur notre Dieu :
Accorde-nous de n'être jamais séparés de son amour,
     mais de surmonter toutes nos épreuves,
     à l'exemple de saint Maurice et de ses  Compagnons,
     en aimant celui qui nous a aimés.

Lui qui règne.

mercredi 21 septembre 2016

Saint Nicolas de Flüe

Un article de Thierry Bédat relève la présence de reliques de Nicolas de Flüe au Carmel de Develier et 3 lieux de cultes dans le Jura total.
Mais on a oublié le sanctuaire du Vorbourg où doit figurer sauf erreur de ma part sa plus ancienne représentation dans le Jura et une des très anciennes de Suisse : http://histoire-religieuse-jura.blogspot.ch/2009/10/ex-voto-1688-vorbourg-de-staal-nicolas.html . Un très grand ex-voto!


NICOLAS DE FLÜE EN PRIERE AU VORBOURG

BAUMER Iso, Détresse et confiance, BJ, Porrentruy,  1984, N°12
GALBREATH et de VEVEY, manuel de l'héraldique, Ed. Spes, Lausanne.
GIRARD François (Abbé et professeur au Collège Saint-Michel, Histoire abrégée es officiers suisses qui se sont distingués... Tome III, p.90 s, à Fribourg en Suisse, chez B. Louis PILLER, imprimeur de LL EE, 1782.
JOURNET Charles, Saint Nicolas de Flüe, Collection des cahier du Rhône, Neuchâtel, Ed. de la Baconnière et Paris, Ed. du Seuil, 1947.
RAIS Jean-Louis, Delémont de rue en rue, de siècle en siècle, Porrentruy, Sté Ju d'Emulation, 2001, p.79
WEISSENBACH Joseph-Antoine, Dr. théol. et chanoine de Zurzach, La vie du Bx Nicolas de Flüe, Imprimerie de l'Abbaye princière, 1794, 
http://www.provalterbi.ch. Château du Raimeux et  
(ibidem) (Louis Joseph FLEURY), Jean-Jacques de Staal place un ex-voto dans son château de Raymontpierre
http:// www. swisscastles.ch/ Jura/boncourt. htlm
de STAAL Jean-Jacques,  Journal manuscrit, traduit de A.HARTMANN, Bibliothèque universelle et Revue Suisse, T.17 et 18, Genève, 1862 et 1863, 

Notre Saint patron national est lui aussi présent au Vorbourg. Il y est, depuis bien avant l'annexion de notre Evêché au canton de Berne et à la Suisse. Il y est, depuis bien avant que l'Eglise universelle l'ait reconnu comme saint.

Description sommaire de cet ex-voto
Notre tableau, sous forme d'ex-voto, est de 1688.  BAUMER le décrit sommairement, ce qui facilitera l'articulation de notre réflexion. La "Vierge nous apparaît avec couronne et Enfant".
C'est une Vierge "donnant la bénédiction", supportée par un bouillonnement de "nuages". Du ciel, apparaissent des " rayons de lumière d'en haut, sur le Saint". "Saint Nicolas", que BAUMER déclare "bienheureux", "de Flüe", est "à genoux, avec un chapelet". On remarque "sur un rocher un Christ Crucifié qu'il vénère". 
Enfin "au fond"apparaissent un, "lac avec (une) ville".

mardi 20 septembre 2016

« J’ai soif » (Jn 19, 28)


PAROLES DU SAINT-PÈRE
Assise
Mardi, 20 septembre 2016


Méditation
Discours
Appel

Devant Jésus crucifié résonnent pour nous aussi ses paroles : « J’ai soif » (Jn 19, 28). La soif, encore plus que la faim, est le besoin extrême de l’être humain, mais en représente aussi l’extrême misère. Nous contemplons ainsi le mystère du Dieu Très-Haut, devenu, par miséricorde, miséreux parmi les hommes.
De quoi a soif le Seigneur ? Certainement d’eau, élément essentiel pour la vie. Mais surtout d’amour, élément non moins essentiel pour vivre. Il a soif de nous donner l’eau vive de son amour, mais aussi de recevoir notre amour. Le prophète Jérémie a exprimé la satisfaction de Dieu pour notre amour : « Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années, ton amour de jeune mariée » (2, 2). Mais il a donné aussi une voix à la souffrance divine, quand l’homme, ingrat, a abandonné l’amour, quand –aujourd’hui aussi, semble dire le Seigneur – « ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive et ils se sont creusés des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau » (v. 13). C’est le drame du “cœur desséché”, de l’amour non rendu, un drame qui se renouvelle dans l’Évangile, quand, à la soif de Jésus l’homme répond par le vinaigre, qui est du vin tourné. Comme, prophétiquement, se lamentait le psalmiste : « Quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre » (Ps 69, 22).
“L’Amour n’est pas aimé” : selon certains récits, c’était la réalité qui troublait saint François d’Assise. Lui, par amour du Seigneur souffrant, n’avait pas honte de pleurer et de se lamenter à haute voix (cf. Sources franciscaines, n. 1413). Cette réalité même doit nous tenir à cœur en contemplant le Dieu crucifié, assoiffé d’amour. Mère Teresa de Calcutta a voulu que, dans les chapelles de chacune de ses communautés, près du Crucifié soit écrit “J’ai soif”. Étancher la soif d’amour de Jésus sur la croix par le service des plus pauvres parmi les pauvres a été sa réponse. Le Seigneur est en effet assoiffé de notre amour de compassion, il est consolé lorsque, en son nom, nous nous penchons sur les misères d’autrui. Au jugement, il appellera “bénis” tous ceux qui ont donné à boire à qui avait soif, qui ont offert un amour concret à qui en avait besoin : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Les paroles de Jésus nous interpellent, elles demandent accueil dans notre cœur et réponse par notre vie. Dans son “J’ai soif”, nous pouvons entendre la voix de ceux qui souffrent, le cri caché des petits innocents exclus de la lumière de ce monde, la supplication qui vient du fond du cœur des pauvres et de ceux qui ont le plus besoin de paix. Elles implorent la paix, les victimes des guerres qui polluent les peuples de haine et la terre d’armes ; ils implorent la paix, nos frères et sœurs qui vivent sous la menace des bombardements ou sont contraints de laisser leurs maisons et d’émigrer vers l’inconnu, dépouillés de tout. Tous ceux-là sont des frères et des sœurs du Crucifié, petits dans son Royaume, membres blessés et desséchés de sa chair. Ils ont soif. Mais à eux il leur est souvent donné, comme à Jésus, le vinaigre amer du refus. Qui les écoute ? Qui se préoccupe de leur répondre ? Ils rencontrent trop souvent le silence assourdissant de l’indifférence, de l’égoïsme de celui qui est agacé, la froideur de celui qui éteint leur cri à l’aide avec la facilité avec laquelle on change un canal de télévision.
Devant le Christ crucifié, « puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24), nous chrétiens, nous sommes appelés à contempler le mystère de l’Amour non aimé et à répandre de la miséricorde sur le monde. Sur la croix, arbre de vie, le mal a été transformé en bien ; nous aussi, disciples du Crucifié, nous sommes appelés à être des “arbres de vie” qui absorbent la pollution de l’indifférence et restituent au monde l’oxygène de l’amour. Du côté du Christ en croix sort de l’eau, symbole de l’Esprit qui donne la vie (cf. Jn 19 34) ; ainsi, que de nous, ses fidèles, sorte de la compassion pour tous les assoiffés d’aujourd’hui.
Comme Marie près de la Croix, que le Seigneur nous accorde d’être unis à Lui et proches de celui qui souffre. En nous approchant de tous ceux qui aujourd’hui vivent comme des crucifiés et en puisant la force d’aimer au Crucifié ressuscité, croîtront encore plus l’harmonie et la communion entre nous. « C’est Lui, le Christ, qui est notre paix » (Ep 2, 14), lui qui est venu pour annoncer la paix à ceux qui sont proches et à ceux qui sont loin (cf. v. 17). Qu’il nous garde tous dans l’amour et nous rassemble dans l’unité, dans laquelle nous sommes en chemin, pour que nous devenions ce que lui désire : « un » (Jn 17, 21).